Petit à petit le débat sur l'emploi de courriel laisse la place à une controverse sur la menace que fait (ou que ferait ?) peser l'Anglais sur la langue française.

Mario pointe quelques billets sur le sujet et Neige pense que je suis convaincu de la neutralité de la langue.

Mais ce n'est pas ma conviction. Je crois que la langue est le reflet de la puissance des Etats. Je l'ai déjà écris. L'Anglais pèse ainsi sur notre langue du poids économique et culturel des Etats-Unis. Et il est vrai que nous intégrons en Français beaucoup de mots anglais issus du monde économique.
Et alors ? Comme les Russes ont intégrés énormément de mots français pour créer leur langage technique, sans que l'âme russe n'en souffre. C'est le génie de chaque langue de s'approprier chez les autres ce qui manque chez elle.

La nature a horreur du vide. L'Anglais ne menace le Français que dans la mesure où notre langue est faible. Faible parce que mal enseignée, pour beaucoup de raisons. Voir à ce propos ce site. On peut d'ailleurs se rendre compte des dégâts en visitant les carnets de la génération Skyrock.

Dans ce contexte, voter une loi pour freiner l'impérialisme anglophone est bien un “truc” de politicien. C'est le B-A BA du marché politique de récupérer des besoins identitaires et de fournir des lignes Maginot à sa clientèle (dans l'acception romaine du terme). Mais cela ne change rien à la situation. Certainement pas.

PS : je n'aime toujours pas le mot courriel ;-) Et je suis bien content que nous ayions refilé notre malle aux anglophones. C'est pas de l'impérialisme linguistique ça ?

Langue française faire un trackback