Ah, la légèreté de l’être et la vacuité des blogues ! Dans un long billet Netlexblogger (découvert via Mouche) évoque le risque du "mortel danger de parler "Zaoum" dans la blogosphère" :

" Dans une acception péjorative, le linguiste Vinokour emploie le terme de zaoumny iazyk (langue transrationnelle) dans son étude sur La Phraséologie révolutionnaire, parue dans LEF (1923, n° 2). Appliqué à un discours qui vise la transmission d’un message médiatisé, le terme « zaoum» n’est qu’une image exprimant un vide sémantique et un langage réduit à ses seules sonorités, au signifiant. [1]

"La langue « zaoum » constitue un absolu de pureté poétique, l’exact équivalent de l’abstraction en peinture. L’équivoque entretenue entre la fonction référentielle et la fonction de création disparaît avec le contenu sémantique préconçu : c’est à la forme de produire son. propre sens. On trouve la même gratuité dans la « novlangue » et c’est ce caractère arbitraire d’une phraséologie parfaitement vide que les commentateurs s’accordent à rapprocher de la souveraineté du langage poétique. Ainsi, comme la « langue zaoum », la « langue de bois » est propre à créer sa propre réalité, une « surréalité ».

De la même façon, je soutiens que dans une large mesure, le discours de la blogosphère est fictif, sans lien avec le réel. Il développe une forte propension à coder la réalité décryptable par quelques initiés appartenant à une sphère d’activité réduite, partageant largement un culture commune, et reproduisant des pratiques similaires. "

Un propos qui rejoint celui de Doxa il y a quelques temps.

Mais pourquoi les carnets seraient-ils différents du reste du web ?

Les blogues sont la vie. Pour l’instant encore, ils sont rédigés par des êtres humains. Ils grandiront, et après leur crise d’adolescence marquée par le narcissisme, ils deviendront adultes.
Ils toucheront alors tous les types d’activité des humains, prendront tous les styles, y compris la langue de bois, le nombrilisme, la méchanceté et la jalousie. Mais heureusement aussi la gratuité, la non productivité et la poésie.

Les blogues quitteront un jour leur famille, le cocon originel où tout le monde s’aime, ou se déchire, mais au moins se connaît. Et ils s’envoleront, peut-être, vers de nouveaux espaces.

Ecrire pour le Web, Langue française faire un trackback