La langue française a fait irruption par deux fois hier au centre de la vie politique française.

Dans son rapport sur la laïcité remis hier à Jacques Chirac, la commission Stasi a focalisé l’attention par l’emploi du mot "ostensible" au sujet du port des signes religieux. Un choix qui a étonné beaucoup de monde : pourquoi pas plutôt "ostentatoire" ou "visible" ? La presse a même interrogé un linguiste.

L’Académie française a elle aussi fait la Une de la presse et les ouvertures de journaux télévisés en accueillant Valéry Giscard d’Estaing parmi ses immortels.

La vénérable institution, qui avait sû plutôt bien résister depuis Richelieu aux pressions des puissants, s’est couchée devant le pouvoir politique et mondain. Certes l’assemblée compte déjà quelques pantouflards incongrus (à vous de les retrouver). Mais à ce point-là !

Nous fera-t-on croire que l’ancien président de la République a été accueilli sous la coupole pour son oeuvre littéraire ou pour sa contributioon à la défense de la langue ? Giscard lui-même n’y croit pas et espérait devant les caméras de FR3 avoir été admis à occuper le siège vacant de Léopold Sedar Senghor (ancien président de la République mais également véritable homme de lettres) pour sa contribution à la Constitution européenne.

Même sérieusement démonétisée, l’institution devrait survivre à l’événement : le ridicule ne tue plus. Et le président Giscard aura ouvert une voie de renouvellement des immortels.

Puis-je suggérer quelques noms pour les prochains candidats ? Rika Zaraï - les femmes manquent sous la coupole - pour son apport à la chanson française ; Omar Bongo (c’est un ami de la France et il est président de surcroît), Johnny Halliday (pour le voir en chapeau à plumes) et Nicole Fontaine (c’est une femme - un bon point - de lettres car elle a en charge la Poste dans les attributions de son ministère).

Peut-être aurez-vous d’autres idées ? Dépêchez-vous, l’avenir du dictionnaire en dépend.

Langue française faire un trackback