Le sujet du P2P et du téléchargement illégal de musique est de nouveau d’actualité en France avec l’annonce des poursuites engagées – au pénal ou au civil – par le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) et la société civile des producteurs phonographiques (SCPP) contre 50 contrevenants. Une stratégie d’intimidation que l’on retrouve dans plusieurs pays européens sur le modèle de la RIAA américaine, puissant lobby des éditeurs.
Rappelons que le peer-to-peer (P2P) est un système d’échange de fichiers depuis des ordinateurs personnels. Il a été vulgarisé par l’arrivée du logiciel Kazaa permettant à n’importe quel utilisateur de mettre à disposition des morceaux de musique en MP3 stockés sur son disque dur et de télécharger ceux de son choix là où ils sont disponibles.
Cette réaction brutale qui semble se justifier paraît en fait complètement inadaptée.
Il est d’abord incontestable que télécharger illégalement des morceaux de musique piratés sur des CD est du vol. Tout comme si l’on empochait des CD dans un magasin de disque sans les payer.
Et argumenter, comme le fait la toute jeune Association des audionautes, que le "prix exorbitant des CD ne permet pas à toute personne qui le souhaite d’avoir accès à autant d’oeuvres" pour justifier le piratage est une mauvaise ligne de défense.
Ensuite, il semble inexact que ces téléchargements soient responsables de la baisse des ventes de disque. La rasion de la baisse serait à chercher ailleurs. Au contraire même affirme l’International federation of the phonographic industry (IFPI), citée par Silicon, ces ventes repartent :
" Les Etats-Unis, le plus important marché mondial pour le disque a enregistré une progression de 5% de ses ventes en volume au premier semestre 2004 et de 3,9% en valeur."
Les éditeurs de musiques justifient leur stratégie de répression par… son efficacité. Le utilisateurs de Kazaa auraient baissé de 30% en un an. Mais ils n’expliquent pas que les utilisateurs se sont déplacés sur d’autres palteformes.
Sûrs d’eux, les professionnels du disque en deviennent arrogants comme on pourra le lire dans cette retranscription d’un chat de Gilles Bressand, président du Syndicat national de l’édition phonographique.
Répression brutale et ouverture de portails de vente de MP3 à l’unité sont les deux axes de défense des majors. Est-ce la bonne stratégie ?
S’ils ont juridiquement raison, on peut se demander à quel prix pour leur image.
Ces réactions semblent plutôt trahir la difficulté d’une filière professionnelle à s’adapter aux TIC, tout comme l’édition papier dont nous parlions. Ici aussi la sclérose qui conduit à une impasse.







