Blog, blogue, carnet ou cybercarnet ?
François a retrouvé l’orthodoxie : après un billet sous les auspices de " blog ", il est revenu à l’usage québécois de "carnet". Il est pardonné d’autant plus facilement que j’ai déjà cédé à la tentation
Après avoir résisté longtemps à l’aide d’un sournois " blogue " je m’adonne finalement dans mes billets aux délices coupables de " blog ". J’utilise bien parfois quelques " carnets " par-ci par-là pour créer de la variété mais guère plus. La vague anglophone m’a noyé !
Que l’esprit de Villers-Cotterêts et les mânes de la Loi 101 me pétrifient sur place !
Vie des blogs faire un trackback






c’est un beau mot “blog” non? ca sonne bien.
beau nom, peut-être, mais ça fait “branché”, ou hip… comme les ados qui parlent des langues connues d’eux seuls…
veut-on faire partie d’une minorité qui tient à accroître la distance (déjà grande, cf techno) qui la sépare du commun… ou désire-t-on minimiser les barrières linguistiques et stylistiques pour aumenter son impact ?
à chaque fois que j’ajoute un terme nouveau, entouré de mystère à mon discours… j’augmente la résistance du néophyte à m’écouter.
Pour moi le carnet est un objet physique. Bien que je soutienne souvent nos cousins outre-atlantique pour la francisation de nouveaux mots, l’utilisation du mot carnet pour un blog ne parvient pas à me convaincre. Si le mot Blog est un raccourci de Weblog, il représente bien son contexte : le web et le log (qui pourrait avoir deux sens : logiciel ou log fichier informatique qui enregistre les données des tâches exécutées par un ordinateur).
Gilles, je ne pense pas que l’usage de l’un ou l’autre des ces mots facilite la compréhension ou l’accès à l’outil. Blog est aussi ésotérique que cybercarnet pour un néophyte.
Le choix du mot renvoye plus à un problème “politique” de vitalité de la langue. Devrons-nous importer, comme les Russes il y a 100 ans, notre vocabulaire technique d’une langue étrangère ? Avons-nous une chance de l’adapter et cela rime-t-il à quelquechose de vouloir s’opposer à l’usage dominant ?
Je crains malheureusement que l’usage dominant se fiche complètement de ces états d’âme.
Bon sujet de débat, non ?
C’est pas joueb la traduction officielle ?
Je n’ai pas parlé de cybercarnet, je vous fait remarquer. Et pour moi un carnet est un endroit pour y consigner de courts textes, des billets. On peut aussi faire le lien avec le carnet de bord.
Et puis, quoiqu’ en pensent les blogueurs, la pénétration du phénomène est encore très limitée : avec ses 330 000 employés IBM a réussi à générer quelques 2 800 carnets, dont seulement 200 ont plus de 10 billets.
200/330 000, c’est pas beaucoup, dans un secteur qui devrait être plus sensible que les autres, non ? Tout ça pour dire que, pour moi, l’usage “dominant” est encore un phénomène tellement marginal qu’il y a encore place à l’innovation
http://www.iaocblog.com/blog/_archives/2005/3/4/396555.html
Si Joueb c’était bien mais un peu ésotérique quand même…
Je ne suis pas pour les emprunts inutiles aux langues étrangères, en particulier lorsqu’ils sont le fait d’intellectuels ou de pédants qui s’adressent à un cercle restreint d’initiés. Ceux-ci devraient savoir que le sens naît de l’assemblage des mots, pas d’un mot unique.
Lorsqu’un mot qui représente bien quelque chose dans tel ou tel endroit du monde, ou dans la langue où il court, est adopté dans une autre langue ou plusieurs autres langues, par un grand nombre d’utilisateurs, son usage s’impose. La langue véhicule les découvertes, la façon de les nommer, la création, elle est vivante.
Alors les cuistres trouvent des équivalents, en empruntant aux québécois par exemple, qui utilisent le lexique du français, mais avec beaucoup de longueurs, parfois fleuries et ça nous plait bien, mais pourquoi les imiter absolument ?
Après le « mèl », proche du « mail » (qui pour les anglo-saxons désigne au départ un simple courrier) ou de l’« e-mail », on nous a importé le « courriel » qui fleurit sur les sites administratifs et les papiers à entête « aux normes ». Nous voyons pourtant bien que l’usage de « mail » se généralise, voire qu’on reviendrait au « mèl », sans accent en plus, je l’ai vu.
Alors « bloc-notes » au lieu de « blog », si mignon, si petit, un peu rond et agréable à caresser, gentil comme un bisou, un peu secret et en même temps simple, pourquoi se le faire piquer par des académiciens ou d’autres zélotes du « bon » (je me demande) français ?