L’esprit des blogs est-il mort ?
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Le billet de Stéphane publié à propos de la journée "blogs à Boulogne" m’a fait réfléchir. Je pense qu’il force un peu le trait car je n’ai pas entendu autant que lui des bruits de tiroir-caisse (c’est vrai que je suis parti tôt prendre mon train : voir là pour un autre avis sur Boulogne).
Mais je comprends son sentiment – comme celui-là – face à un certain discours qui semble réducteur.
La médiatisation des blogs en France doit beaucoup à l’énergie et au dynamisme de Loïc qui vend aussi son entreprise dans les articles de presse qu’il suscite (ajout : Loïc le rappelle d’ailleurs lui-même ce matin. Il n’est pas neutre). C’est son rôle et cela profite à tous : le nombre de blogueurs s’accroît et je trouve cela bon.
Mais c’est évident que les blogs ne se limitent pas au business. Ils sont d’abord un moyen d’expression simple et pas cher (voire gratuit) disponible pour des gens qui ne pouvaient pas s’exprimer sur le web parce qu’ils n’en avaient pas les compétences. Et c’est enthousiasmant. Je ne passe pas un jour sans découvrir une nouvelle idée d’utilisation des blogs, légère ou sérieuse comme les deux exemples que cite Stéphane à la fin de son billet. Le monde des blogs est riche, varié et inventif comme la vie.
Je ne crois donc pas que le businesss menace ni qu’il pervertisse l’esprit des blogs fait de conversations et de désintéressement. D’abord parce que beaucoup de blogeurs se fichent pas mal de "monétiser" leurs écrits, même si certains sont contents de tirer quelques revenus de leur blog pour financer leur plateforme d’hébergement. Et puis le business fait aussi partie de la vie.
Après tout, cette peur de disparition de l’esprit des blogs n’est-elle pas juste de la nostalgie d’une période pionnière de happy few ? Ce serait dommage car cette page est définitivement tournée. Nous sommes déjà des millions de blogueurs.




Commentaires
Cela fait quelques semaines (mois?) que je suis en train de comprendre ce qui m’a dérangé (et ce qui me dérange encore un peu) dans ce qu’on pourrait appeler la « surmédiatisation de Loïc » dans la presse française. C’est effectivement qu’une des facettes du « phénomène global blogs » se retrouve hypertrophiée dans le discours public.
En somme, ce n’est pas trop à Loïc que je reprocherais cet état de fait, mais bien plus aux journalistes, qui semblent donner facilement dans la paresse lorsqu’il s’agit de blogs.
Lorsqu’il s’agit des blogs seulement ?
Cela va changer maintenant que les blogs sont mieux connus de la presse et que des journalistes lancent les leurs.
Loïc a « ouvert le marché ».
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