En finir avec le piratage en 7 leçons
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Tim O’Reilly, célèbre éditeur américain fait part de quelques réflexions à propos du piratage. Ce texte d’un peu plus de 2 ans est toujours d’actualité. Tim y explique en 7 leçons pourquoi les éditeurs de musique, des films ou du papier ne doivent pas craindre le piratage. Mieux même : il doit être l’occasion de changer son modèle économique. De toute façon, dit-il, ils n’ont pas le choix. Le piratage obligera les éditeurs à évoluer ou ils disparaîtrons.
Quelques extraits :
- Leçon N°1 : l’obscurité est une menace bien plus grave que le piratage pour les auteurs et créateurs.
" Plus de 100,000 livres sont publiés chaque année, avec plusieurs millions de livres disponibles chez les éditeurs.
Cependant, moins de 10000 de ces nouveaux livres atteignent des ventes significatives, et même dans les plus grandes librairies, moins de 100,000 livres disponibles sont en rayon. La plupart des livres ne restent que quelques mois dans les rayons des plus grandes chaînes, et ils attendent ensuite dans les entrepôts… le moment d’être envoyés au pilon. Les auteurs pensent qu’être publiés sera la réalisation de leur rêve, mais pour tant d’entre eux, ce n’est que le début d’une longue désillusion."
- Leçon N°2 : le piratage, c’est un impôt progressif.
" Pour tous les créateurs, qui travaillent pour la plupart dans l’obscurité, être assez connu pour être piraté serait le couronnement de leur carrière. Le piratage est une sorte d’impôt progressif, qui peut raboter quelques pour cent des ventes d’artistes connus (et je dis peut car ce point n’est pas prouvé), en échange de bénéfices massifs pour les créateurs bien plus nombreux à qui une visibilité plus grande peut apporter des revenus supplémentaires."
- Leçon N°3 : les consommateurs ne demandent pas mieux que de respecter la légalité, s’ils peuvent.
" Piratage est un mot lourd de sens, que nous réservions autrefois à la copie/revente en gros de produits illégaux. L’application récente de ce mot par l’industrie musicale et cinématographique au partage de fichiers pair à pair fait obstacle au débat honnête."
- Leçon N°4 : le vol a l’étalage est une menace plus grave que le piratage.
" Il n’y a pas de problème significatif de piratage aux Etats-Unis et en Europe. Le fait que les logiciels de Microsoft aient été accessibles depuis des années sur des sites de téléchargement ou plus récemment sur les réseaux pairs à pair d’échanges de fichiers n’a pas empêché cette société de devenir l’une des plus grandes et plus profitables du monde. Les estimations de « manque à gagner » supposent que les copies illicites auraient été payées ; à l’opposé on ne tient pas compte des copies qui sont vendues comme « mises à jour » à cause de la familiarité qu’ont permis les copies illicites."
- Leçon N°5 : les réseaux de partage de fichiers ne menacent pas les livres, la musique ou l’édition de films. Ils menacent les éditeurs existants.
" La question à laquelle nous sommes confrontés n’est pas de savoir si des technologies comme les réseaux pair à pair de partage de fichiers saperont le rôle des créateurs ou des éditeurs, mais celle de savoir comment les créateurs peuvent utiliser de nouvelles techniques pour accroître la visibilité de leurs œuvres. Pour les éditeurs, la question est de savoir s’ils vont comprendre comment jouer leur rôle dans le nouveau média avant que quelqu’un d’autre ne le comprenne. L’édition est une niche écologique : de nouveaux éditeurs se précipiteront pour la remplir si les vieux y échouent."
- Leçon N°6 : ce qui est gratuit finit par être remplacé par un service payant de meilleure qualité.
" Pourquoi est-ce que vous paieriez un morceau que vous pourriez avoir gratuitement ? Pour la même raison que vous achèterez un livre que vous pourriez emprunter dans une bibliothèque publique, ou achèterez un film sur DVD que vous pourriez regarder à la télévision ou louer pour le week-end. Parce que ce sera pratique, facile à utiliser, à cause du choix, de la facilité de sélection, et pour les enthousiastes à cause du simple plaisir de posséder quelque chose auquel vous tenez."
- Leçon N°7 : il y a plusieurs façons d’y arriver.
" C’est la leçon finale. Donnez au wookie ce qu’il veut ! comme le disait Han Solo dans le premier Stars Wars. Donnez-lui d’autant de façons que vous pouvez en inventer, à un juste prix, et laissez-le choisir ce qui lui convient le mieux."
(merci du lien Mike)




Commentaires
C’est du grand n’importe quoi…
Entre l’obscurité et le piratage, je préfère encore l’obscurité tant il est clair que l’on peut être piraté sans pour autant devenir célèbre.
Et j’ai déjà tenté de rassurer mon banquier en lui expliquant qu’à défaut d’être payé pour mes articles, je deviens célèbre car mes articles sont plagiés par des sites web. Mais mon banquier, sans doute trop près-de-ses-dous et petit-bourgeois pour comprendre le new world de Tim O’Reilly, reste sourd à ce type d’arguments.
Une dernière chose : est-ce que je peux voler la voiture de Mr O’Reilly et circuler en ville avec une plaque “cette voiture appartient à Mr O’Reilly” afin de l’aider à sorir de l’obscurité ?
Un dernier rappel pour ceux qui l’ignoreraient. Tant que ce bon Mr O’Reilly et ses amis n’auront pas réussi à mondialiser notre pays, le droit d’auteur, en France, est régi par le Code de la Propriété Intellectuelle http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ECOX0200175L
Un texte parfois menacé mais pas encore abrogé….
Pas d’accord Guillaume car il existe une grosse nuance entre les biens matériels et les biens immatériels. La raccourci est drôle mais un peu tendancieux
Lisez son teste, O’Reilly ne fait justement pas l’apologie du vol.
Refuser de voir une réalité ne la fait pas disparaître. Faire semblant de croire que les artistes et les auteurs (et les majors ou les éditeurs) sont pénalisés par des gamins qui téléchargent des chansons est une vaste farce. Les criminaliser en les assimilant à des contrefacteurs n’est pas honnête et probablement impossible à réaliser. D’autant moins que leurs agissements auraient peu ou pas d’effet sur les ventes : http://www.adverbe.com/2004/06/11/baisse-des-ventes-de-disques-le-peer-to-peer-innocent233/
Alors il reste à essayer de comprendre comment ce phénomène va bouleverser les modèles économiques actuels. S’arquebouter sur le code de la Propriété intellectuelle et appeler la police n’aide pas à comprendre et à évoluer.
Pour ma part, je dirais que, le plus risibles des arguments des Majors, et autres maisons d’édition, repris par certain hommes politique même, est de dire :
« Sans nous (les majors) la création artistique n’existerais pas ».
Affligeant, non !
S’octroyer la création et faire croire au grand public que la reconnaissance est le but artistique est d’un ridicule que je n’ose même pas commenter.
Tu as raison, ce n’est même pas la peine de commenter…
Comme la RIAA (qui représente les principales maisons de disques américaines) depuis quelques années, la MPAA (qui représente les studios de cinéma hollywoodiens) a décidé de passer à l’action pour contrer le piratage présent sur les réseaux d’échanges de fichiers Peer To Peer.
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