On ne lit pas Monsieur s’il vous plait !
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Je comprends que Madame la kiosquière traque le lecteur clandestin, celui qui abuse, le feuilleteur perpétuel, celui qui n’achète jamais et chifonne ses journaux. Mais elle a manqué de psychologie et m’apostrophant brutalement d’un air malaimable : "On ne lit pas Monsieur s’il vous plait" !
Certes, la dame manquait de psychologie. Je dépense des fortunes dans les maisons de la presse et dans les librairies. Mais j’y traîne beaucoup, je surveille les unes, je guette les nouveautés, je lis les sommaires, je survole les dossiers avec gourmandise, je tourne et je retourne les livres. Et j’achète souvent. Mais j’ai besoin de les toucher, de les feuilleter, de les prendre en main.
Lire la presse en ligne (quand c’est possible) ou commander un livre sur Amazon ne permet pas ce contact fort utile et si délicieux. Mais, au moins, on ne se fait pas engueuler. Après tout, si je n’ai plus le droit de toucher, à quoi bon ne pas m’en tenir au virtuel ?




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