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Henri détaille sur son site l’histoire chimique d’une tarte aux cerises de supermarché. C’est bien beau de chercher le bas prix à tout prix si c’est pour avaler ces produits de l’industrie agro-alimentaire ?
" La Farine
Les grains de blé ont été enrobés d’un fongicide avant semis.
Pendant sa culture, le blé a reçu
- de deux à six traitements de pesticides selon les années
- un traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d’éviter la verse
- une dose importante d’engrais : 240kg d’azote, 100kg de phosphore et 100kg de potassium à l’hectare.
Dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfite de carbone puis arrosés au chlopyriphosméthyl.
Pour la mouture, ma farine reçoit du chlorure de notrosytel.
Puis de l’acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l’amylase.
La Poudre Levante
Elle est traitée au silicate de calcium et l’amidon est blanchi au permanganate de potassium.
Les Corps Gras
Ils reçoivent un antioxydant comme l’hydroxytoluène de butyle et un émulsifiant type lécithine.
Histoire de la crème
Les œufs proviennent d’un élevage industriel où les poules sont nourries aux granulés contenant
- des antioxydants (E300 à E311)
- des arômes
- des émulsifiants comme alginate de calcium
- des conservateurs comme l’acide formique
- des colorants comme la capsanthéine
- des agents liants comme le lignosulfate
- et enfin des appétants pour qu ‘elles puissent avaler tout ça comme l’acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.
Le lait
Il provient d’un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques :
- des antibiotiques comme le flavophospholipol (E212) ou le monensin-sodium (E714)
- des antioxydants comme l’ascorbate de sodium (E301), l’alpha-tocophérol de synthèse (E307), le buthyl-hydrox-toluène (E321) ou l’éthoxyquine (E324)
- des émulsifiants comme l’alginate de propylène-glycol (E405) ou le polyèthylène glycol (E496)
- des conservateurs comme l’acide acétique, l’acide tartrique (E334), l’acide propionique (E280)et ses dérivés (E281 à 284), des composés azotés chimiques comme l’urée E801), ou le diurédo-isobutane(E803)
- des agents liants comme le stéarate de soduim
- des colorants comme le E131 ou 142
- et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout cela comme le glutamate de sodium.
Les huiles
Elles ont été extraites par des solvants comme l’acétone puis raffinés par l’action de l’acide sulfurique,
puis
- lavage à chaud
- neutralisées à la lessive de soude,
- décolorées au bioxyde de chlore ou au bicarbonate de potassium
- et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc.
Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.
La crème
Une fois obtenue, elle reçoit des arômes et des stabilisants comme l’acide alganique (E400)
Histoire des cerises
Les cerisiers, ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années.
Les cerises sont décolorées à l’anhydride sulfureux et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine.
Elles sont plongées dans la saumure contenant du sulfate d’aluminium et à la sortie elles reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202).
Elles sont enfin enduites d’un sucre qui provient de betteraves qui, comme le blé, ont reçu leur dose d’engrais et de pesticides.
Le sucre extrait par décantation à la chaux et à l’anhydride sulfureux puis décoloré au sulfoxylate de sodium,
puis raffiné au norite et à l’alcool isopropylique.
Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique."
(texte de Claude Bourguignon, directeur du Laboratoire microbiologique d’analyse des sols)




Commentaires
Histoire édifiante que celle de cette tarte aux cerises industrielle. A l’autre bout de la chaine, on trouve aussi des histoires réconfortantes.
Par exemple, l’histoire des charcuteries de la ferme de Mayrinhac à Rodelle dans l’Aveyron. Depuis 1986, Pierre Mejane a fait le choix d’élever les cochons selon des méthodes traditionnelles, comme autrefois.
Ils naissent et grandissent à la ferme (ce qui n’est pas le cas dans les élevages industriels). Les cochons sont alimentés avec des céréales principalement issues de l’exploitation (cultivés sans pesticides - Pierre Méjane a fait ce choix pour savoir exactement ce que mangeraient ses cochons).
Ils atteindront environ 180kg au bout d’un an (ne cherchez pas de cochons d’un an dans les élevages industriels, ils sont abbatus avant pour une meilleure rentabilité (pour maximiser le rapport poids / age) .
La croissance des animaux est plus lente mais la viande est au final plus ferme et plus goûteuse.
Dans la préparation des salaisons, ne cherchez de conservateurs ou exhausteurs de goûts (style polyphosphate et compagnie), vous ne trouverez que sel et poivre. Alors bien sur, se passer de conservateur demande un plus grand soin dans la préparation des jambons (notamment pour éviter que la viande ne se gâte autour de l’os) mais à l’arrivée, le résultat est meilleur.
Dernière petite anecdote : Pierre Méjane refuse le label bio parce que même dans le bio, un certain nombre de traitements sont autorisés et Pierre considère “à l’extrème” que l’obtention d’un label bio serait un retour en arrière pour ses produits.
A titre personnel, c’est après avoir rencontré un certain nombre de personnes comme Pierre Méjane qui refusent la malbouffe et vont jusqu’au bout de leur démarche pour défendre leurs valeurs que j’ai décidé de créer BienManger.com.
Laurent
Pourquoi à chaque fois qu’on parle de la chimie c’est pour la critiquer ? c’est oublier un peu vite que sans chimie nous serions malades et presque nu.
Delphine, pas de réaction corporatiste
Ce n’est pas la chimie que nous critiquons (C. Bourguignon et moi qui rapporte son propos) mais les composés chimiques qui n’ont rien à faire dans l’alimentation.
C’est exactement comme pour cette autre branche de la chimie qu’est l’industrie pharmaceutique. Elle a sauvé - et sauve - beaucoup de vies mais ses excès sont critiquables.
Quand les progrès techniques tuent ou abiment la santé de l’homme on peut peut-être se poser des questions, non ?
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