Est-ce bien raisonnable de laisser la parole au peuple ?
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La ville dort, avachie de chaleur et même les mouches n’en peuvent plus. La blogosphère vit au ralenti et ne s’agite plus.
Enfin du temps pour rattrapper mon retard d’agrégateur. Et je tombe sur un billet de de Davduf déprimé qui me laisse une drôle d’impression.
Certes, ce vieux briscard du web alternatif, des rézo et autres manifeste du web altenatif, du Libé des débuts de l’internet en France a de quoi se désespérer devant la médiocrité ambiante :
” Quant aux bloggeurs, la belle affaire. A quelques exceptions près, les mêmes outils, les mêmes mises en pages, les mêmes google ads, la même pensée : sponsorisée de bas en haut. Du prêt-à-s’exprimer en deux colonnes. De l’autoréférentiel. « Le style, c’est l’homme » (Céline). Le wysiwyg, sa fin. Et le marketing, la pelle qui creuse la tombe.
Sur les blogs, on y parle Ségolène Royal, Sarkozy, on y parle geeks ; mais jamais de souffrance. Un reportage pour mille considérations. Deux choses vues pour dix milles malentendus. Nombril Party, photoblog pipeau-le, Maisons des On dit et des Businessmen. Loïc Le Meur ? Vous permettez, je baille. (…)”.
Mais ce spleen de révolutionnaire nostalgique, de déçu du monde mou et de l’absence de confrontation “franche et joyeuse” ne cacherait-il pas un propos réactionnaire inconscient ? Tous nuls les blogs ? Cela vous a un petit air snob et parisien façon Télérama assez déplaisant.
Ce n’est pas un peu conformiste ça David ? Le conformisme de l’anticonformisme, certes. Mais celui dont Cocteau disait qu’il était le pire.
Détrompe-moi David.




Commentaires
“Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil”
Je pense que le billet de Davduf n’est pas uniquement “réac”…
De la même façon que beaucoup se plaignent de la “standardisation” des modes de vie, de la globalisation, etc… (on connaît la chanson) il est vrai que dans le haut du panier de la blogosphère on retombe toujours sur les mêmes (désolée pour Loïc Le Meur), sur les mêmes sujets (beaucoup de communicants qui communiquent sur la communication - et j’en fait partie), de la même façon ? là je suis moins d’accord : le blog offre au moins place au style ou au manque de style…
par contre je rejoins Davduf sur l’emprise de “l’argent” dans le monde du blog, car j’ai moi-même été déçue - oui c’est le mot - par les pubs et autres liens sponsorisés que l’on trouve (google adsense entre autres pour ne citer personne)… mais là encore c’est un choix éthique personnel…
De toute façon, pour ceux qui clament haut et fort que les bloggeurs d’aujourd’hui seront les journalistes de demain, je préfère dire : pas forcément… car d’une part, journaliste c’est un métier (même si depuis pas mal d’années, trouver un bon journaliste devient difficile) et d’autre part, le blog pourra se résumer à un effet de mode comme un autre et ça seul le temps le dira…
pour l’instant, beaucoup ont intérêt à faire “gonfler la bulle”, parce que cela fait naître des nouvelles “niches” et crée de nouveaux “métiers” ou “emplois”, mais demain, nos inventeurs fous auront trouver un nouveau média qui passionnera à nouveau les foules, ou bien les foules seront retournées à leur bon vieux poste de TV ou préféreront mater à longueur de journée des DVD et jouer en réalité virtuelle (pour ce dernier cas, hommage à inner city ou cyberkiller de Jean-Marc Ligny).
en tout cas, pour ma part, j’ai aussi trouvé dans la blogosphère beaucoup d’humanité, de doutes et de réflexions personnelles déconnectées de ces “intérêts programmés”…
La plupart des confrontations ne sont pas à la surface ou visibles.
Et tout le monde ne met pas en patûres ses “cicatrices”, la souffrance vue et vécue ou les confrontations franches et joyeuses.
Impossible pour moi de critiquer les communiquants, j’en suis un, impossible pour moi de critiquer les blogueurs, j’en suis un, impossible pour moi de critiquer ceux qui écrivent car j’écrit, impossible pour moi de critiquer ceux qui font de la politique ou ceux qui innove, car j’en suis, impossible pour moi de critiquer les humains, j’en fait partie, impossible pour moi de critiquer la vie car je suis vivant.
Les sensations en nous ne se partagent pas! Ne restes alors que les mots… Et pourtant parfois la vie semble tellement impossible, si impossible aux voyants si naturellement aveugles qu’il ne voient pas.
Pas facile effectivement..
Bonjour Xavier,
Hé bien… dois je vraiment essayé de te “détromper”, comme tu me le demandes dans ton post? Je ne crois pas. C’est bien la première fois que l’on me taxe de snobisme, la belle affaire.
Simplement, j’ai écrit ce court texte, parce que je le ressentais au fond de moi depuis bien bien longtelmps… et vu l’avalanche de commentaires/reprises, vu ce que tu écrits toi même “de quoi se désespérer devant la médiocrité ambiante”, je me dis qu’il doit bien comporter quelques justesses.
Libre à chacun, bien sur, de tourner le regard, de faire comme si de rien n’était, de laisser le net s’enliser. Mais ce net là, ce sera sans moi.
Cordialement, l’ami.
Oui, le snobisme à propos des blogs existe comme il existe en littérature, en peinture ou au cinéma. Subtil, à rebours mais snobisme quand même.
Je suis rassuré, juste une déprime donc
Le media se simplifie, plus de monde y a accès et c’est tant mieux. Mais ce n’est pas parce que c’est légitime de laisser les gens s’exprimer que tous les propos sont égaux en qualité. Nous sommes d’accord.
Mais ce n’est pas une raison pour faire un amalgame entre les skyblogueurs, les p’tits marketeurs et les bons blogs que l’on peut rencontrer plus souvent que tu l’écris.
Le Net ne s’enlise pas parce que le business y a fait irruption ou parce qu’on y écrit aussi en SMS. Le Net c’est la vie avec des vrais gens. Evidemment ce n’est plus ” ton ” Net de 1995 dans lequel une minuscule élite codait ces pages à la main et où l’on causait entre happy few.
Mais, en nombre, on trouve aujourd’hui plus de sites intéressants, pas médiocres du tout, qu’en 1995. C’est normal, beaucoup de monde y vient.
Laissons la blogosphère décanter et chacun sa route. Tu n’es pas obligé de regarder la laideur et la médiocrité ni de la faire entrer dans ton agrégateur.
Le meilleur moyen de lutter contre cette médiocrité c’est l’exemplarité, pas un rejet façon “tous pourris, c’était mieux dans l’temps”. Ne sous-estime pas la contagion du beau, du bon et de l’intéressant.
Nous en reparlerons, c’est certain.
Mon cher Xavier,
Il y a un sacré malentendu. Je ne suis absolument pas nostalgique, ni du Net de 95, ni d’autre chose… bien au contraire. Tout mon texte est… tourné vers l’avenir. Il dit (en creux): que faisons nous maintenant? Que faisons nous des outils à notre disposition? D’une certaine façon il exorte à faire plus, et mieux. Jamais de la vie je ne dis “tous pourris, c’était mieux avant”. Sauf que, oui, en 95, nous inventions un monde. En 2006, ce littoral me semble bien bétonné. Mais les rêves (et les colères) persistent.
Bien sur qu’il existe des sites absoulment passionnants mais, pour ma part, ce n’est pas tant dans la blogosphère que je les trouve d’ailleurs, mais ceci est une autre affaire; seulement, désolé, mais j’ai l’impression que mon modem me crache plus de prospectus que ma boite aux lettres n’en a jamais déversé…
Voila.
Précision: tu dis “Le Net c’est la vie avec des vrais gens”. Je pense l’inverse, hélas. ET c’est présisément le sens de mon article, notamment quand je dis qu’on lit tres peu de souffrance, tres peu de reportages, mais bp de considérations qui n’intéressent souvent que leurs auteurs…
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