Ce billet de Mickaël relance le vieux débat à propos de la longueur des textes sur le Web. Peut-on lire des textes longs à l’écran ? Et, en conséquence, bien écrire pour le web oblige-t-il à faire court ?

Il existe même un dogme qui prétend qu’on ne peut pas écrire long en ligne. Ecrire pour le web signifierait forcément écrire des pages courtes.

Tout comme Arno, je pense que cette idée reçue vient d’une mauvaise interprétation des résultats d’une étude de Jakob Nielsen, How users read on the Web, qui montre que 79 % des lecteurs survoleraient les pages sans les lire alors que 16 % seulement les liraient mot à mot.

Cette étude est bien connue de ceux qui s’intéressent à l’ergonomie ou à la rédaction pour le Web. Je la cite dans mes formations. Mais elle ne signifie pas que nous scannons ou que nous survolons toujours et tout le temps les pages web longues.

Nielsen et d’autres ergonomes ont montré que notre comportement de lecteurs changeait suivant nos objectifs. Si nous survolons volontiers une page tant que nous sommes en phase de recherche, nous sommes capables de lire un texte long quand nous pensons avoir trouvé les informations que nous cherchions. Quitte à imprimer le long texte si nous sommes mal à l’aise sur écran.

Pour résumer, on peut donc écrire long sur le Web. Avec un certain nombre de précautions pour aérer et structurer son texte et le rendre scannable comme dit Nielsen (donner des repères au lecteur dans le texte). Pas comme dans ce contre-exemple.

Ce qui n’empêche pas d’adopter un style concis. Jakob Nielsen a prouvé l’efficacité de cette règle. Après avoir réécrit un site en appliquant les règles de concision de style et de scanability et en lui donnant un ton “objectif” plutôt que commercial, il a accru la satisfaction des lecteurs de 159 %!

Ecrire pour le Web faire un trackback