Chômage : on nous prend pour des billes
Vecteurs du discours, les mots peuvent synthétiser une idée ou masquer la réalité. Ils peuvent servir à communiquer ou, au contraire, à mentir pour mieux flatter. Attention danger, ils sont souvent piégés quand ils approchent du pouvoir. Un exemple : le chômage dont je reparlerai.
Apprêtons-nous à une surdose de mots en trompe l’oeil en proportion des enjeux électoraux proches.
Or, je ne crois pas me tromper en disant que la plupart des Français attendent de la sincérité et de la vérité pour ce débat pré-présidentiel. C’est mal parti. On nous sert déjà des mots “cache sexe”, des mots réflexes pour partisans et des mots pour conforter le déni sur des situations bloquées.
Sans oublier quelques mots concoctés par des officines de communicants à fins de reprise par la presse et par les relais d’opinion de comptoir.
Le chômage donc. On apprend qu’il continue de baisser et qu’il passerait en-dessous des 8,6% de la population active. Chic se dit-on, car nous venons de loin. Tout en gardant à l’esprit que ce mot est sujet à manipulations depuis longtemps.
Or, le vrai taux de chômage serait plus près de 20 % de la population active que des 8 ou 9 % annoncés. Ce qui reflète mieux “l’anxiété d’une population qui, à l’encontre des producteurs officiels de statistiques, mesure l’emprise du risque sur son existence”.
Pour débattre utilement, pour réfléchir ensemble, pour éviter de se lamenter a posteriori sur les mauvaises surprises du 2nd tour, il faudrait déjà commencer par évacuer les mensonges et avoir la volonté de communiquer sans nous prendre pour des billes.
Mais c’est peut-être trop demander ?
Langue française faire un trackback






C’est une vielle polémique que tu nous ressort là. Il y a probablement amplification de la baise par des retraites anticipé, des transferts vers le RMI … mais d’un autre coté, le nombre d’actif augmente. Ce n’est donc pas qu’une histoire de statistiques.
Je me suis mal fait comprendre Olivier : mon propos n’est pas partisan car ce n’est pas un sujet pour Adverbe. Et d’ailleurs, sur le sujet du chômage, tout le monde a tripatouillé les chiffres. Aucun gouvernement depuis 30 ans n’est très clair sur le sujet.
Mais là, il s’agit d’autre chose : comment appliquer des remèdes quand on cache autant les symptômes de la maladie ? Entre 8,6 et 20 % il y a plus qu’une nuance d’appréciation “gouvernement contre opposition”.
Ce qui m’intéresse dans ce débat c’est la manière de cacher la réalité avec des mots. Le chômage baisse ! nous dit-on. Le sous-entendu du message de chaque gouvernement qui annonce une baisse est évidemment : le chômage baisse grâce à notre politique, votez pour nous ;-).
Peut-être (conjoncture internationale, mini-reprise, transferts, radiations…). Mais que veulent dire quelques % quand en fait le niveau de chômage est le triple de celui annoncé officiellement ?
Ce qui est le plus surprenant c’est la docilité avec laquelle ces informations sont reprises par les grands médias : aucun débat contradictoire, aucune explication réelle piour comprendre comment tout cela est calculé. Non, on leur dit de dire 8.9, alors ils le disent.CQFD.
Pour moi c’est cela le plus inquiétant, beaucoup plus que le mensonge des clans partisans.
C’est vrai que la manque d’esprit critique de la presse généraliste est un problème.
Informer c’est aussi regarder derrière les évidences
Heureusement, nous allons remettre la France au travail, phrase prophétique de Luc Ferry, notre philosophe ministre.., et autres… Sacré Logos, dirait Socrate!! La question du langage, quel langage, qui parle?
Ah! le bon temps des entrepreneurs qui arrive… humour à tous les étages ici..
A noter que selon les chiffres officiels, le taux de chomage à Moscou est de moins de …1% ! Suffit de se balader dans les rues de Moscou pour voir à quel point les gens sont tous très occupés à travailler !! En France, 8,9% ? Disons simplement que le cache-misére est moins important qu’ailleurs.
Pour faire un peu d’humour à l’approche de la présidentielle, je signale que les faiseurs de beaux discours et les orateurs n’ont pas besoin de quelconque vérité et de vrais chiffres : ils ont juste besoin de voix et de gagner. Depuis quand faut-il être honnête et savoir compter pour diriger un pays, un pays comme la France ? Depuis le temps cela ce saurait…
Comme l’a dit un vieux prophète ou un jeune fou traînant dans les universités (normand ou chinois, je ne sais plus) “on est pleins à avoir des CV, mais il ne faut pas confondre popularité et compétences.”
Mike, je ne crois pas pas que la démarche française relève du mensonge ou du cache misère. Ni qu’il faille se satisfaire du fait qu’il y a pire ailleurs.
Il me semble bien que nous soyions dans le déni : on refuse la réalité pour ne pas avoir à changer.
Peut-être parce que les avantages acquis de protection de l’emploi pour certains le sont aux détriments d’autres. Et accepter la réalité des chiffres met en évidence que tous les Français ne sont pas soumis à la brutalité du chômage ni à sa réalité.
Au contraire des Russes, nous nous targons de notre pacte républicain. Juste un mot, encore, pour cacher des inégalités qu’on ne saurait voir.
Je serais assez d’accord avec toi Xavier, si je ne me souvenais pas avec quelle facilité un bon 12ème des chomeurs enregistrés ont été supprimés des listes voilà quelques mois, si je ne me rappellais pas qu’à chaque fois qu’un ami sans emploi entreprend un stage, ne serait-ce que de deux jours, son nom est rayé des listes pour le mois en cours, si j’oubliais tout celà et bien plus, je penserais qu’on a pas besoin de changer la réalité pour la cacher.. mais non, on fait les deux, en France comme ailleurs car sincérement, les français sont loin d’être à plaindre.
Je me suis un brin baladé hors de nos frontiéres et quasi tjs, lorsqu’on abordait le thème de l’emploi en France, que je finissais par parler des assedics, de l’anpe, des allocations familiales, des plans de retour à l’emploi, des primes de Noël ou de rentrée.. on me regardait avec des yeux ronds, genre ” c’est pas possible ” !
En résumé : Y’a du boulot, y’a des chomeurs, l’un cherche l’autre et vice versa.. que le meilleur gagne !
Il est vrai que si il y a bcp de chomage en France (nous ne sommes pas les seuls dans ce cas en Europe), il y a aussi de nombreux emplois non pourvus. Nos facs regorgent de diplomés sans forcément de débouchés pour tous à la sortie..
D’autre part, il est beaucoup plus facile de créer une activité, une entreprise en Angleterre ou ailleurs qu’en France : nous restons un pays trop fortement de charge, de complications administratives et de bureaucratie pour faire avancer les projets et les synergies et créer des emplois..
Autre sport national français : la course aux subventions, aides en tout genre, et course à la défiscalisation (tout cela étant très compliqué avec la multitude de “sigles” d’administration et d’échellon admnistratifs : nous sommes d’ailleurs le seul pays d’Europe dans ce cas, la France ressemblerait presque à une démocratie populaire de l’ex-URSS…)
Mon propos ne se veut pas vraiment “politisé” ou contre tel ou tel corporation : je pense juste qu’il faut regarder les réalités et faire en sorte de nous adaptés pour ne pas brider la créativité et l’entreprenariat en France et lui donner l’envie d’aller voir ailleurs et de se délocaliser….
Salutations.
Et pour la durée du travail réelle, vous n’avez jamais eu un petit (grand) doute en écoutant les discours des “spécialistes” à la télé ?
Les Français travaillent plus (36,3 h),
que les Américains (33,8 h),
les Allemands (33,6 h),
les Espagnols (33,2 h),
les Anglais (31,7 h),
les Hollandais (29,2 h)
et d’autres,
en faisant la moyenne de tous les emplois à temps plein ou temps partiel.
http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm
Avec cela, beaucoup de statistiques officielles de ces pays (en anglais ou autre).
Par la même occasion, un aperçu sur la manipulation des chiffres du chômage … au Danemark
http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm
et c’est la même chose dans pratiquement tous les pays, avec des méthodes plus subtiles que les notres : “invalides” chez les British et les Hollandais, “longues maladies” en Suède, préretraités un peu partout, un mélange de tout cela, ou des “emplois” pour quelques heures par semaine (USA, UK …)
Voir aussi http://www.actuchomage.org
Nous sommes trop ^honnêtes.
Bonjour,
tu as mille fois raisons, les chiffres du chômage sont archi faux tout comme ceux de l’insee à propos des hausses de prix, on ne prend qu’un panier absolument pas représentatif. Tout ça pour endormir le peuple et le conduire ou l’on a envie de le mener
Très bien ton article
Phil