On peut s’amuser de lire cette dénonciation de la montée d’une idéologie du Web 2.0 dans un billet de Daniel Kaplan.

D’abord parce que la Fing a largement participé à l’agitation autour de ce mouvement. Ensuite, parce dans son histoire, elle a plutôt contribué à diffuser l’enthousiasme autour des technologies que la critique antimoderniste et assez technophobe façon Virilio ou Wolton.

Cela mis à part, je suis assez d’accord avec le propos de Daniel. Il existe autour des blogs et maintenant du Web 2.0, une croyance, au sens religieux du terme, en une forme de capacité intrinsèque à transformer la société de manière positive. Une sorte de pouvoir bénéfique consubstantiel.

Ce n’est pas tellement la candeur de cette croyance qui est gênante. Après tout, chaque innovation médiatique porte cette utopie. Les radios libres, puis la CB, devaient déjà révolutionner la démocratie. Elles ont transformé certains créateurs en milliardaires pour les unes et permettent aux routiers d’éviter les radars pour l’autre.

La révolution participative des blogs s’est vite muée en cyber-duel militant. La maman compassionnelle avide d’intelligence collective a rapidement repris son visage de “petite mère du peuple” fouettarde. Fin de la récré.

Je ne suis pas technophobe et ce qui me gêne, c’est la déception, le retour de bâton que ces utopies risquent d’engendrer. Les réseaux valent mieux que cela.

Déshabillées de leur idéologie de toute puissance - inéluctablement au service du Bien - les réseaux, le mouvement du Web 2.0 et les technologies de l’information, plus largement, possèdent quand même un potentiel perturbateur comme le décrit Francis Pisani.

Et cela est déjà bien beau et suffisamment porteur d’espérances.

PS : maintenant que son site est de nouveau en ligne je cite cet article de François-Bernard Huyghe qui illustre bien le rôle que l’Internet peut jouer en politique dans la propagation des idéologies (”idéologies” dans l’acception de corpus intelelctuel)  Il accélère la transmission, il bouscule, il perturbe mais il interveint peu sur la nature des idées.

Information, pouvoir, communication faire un trackback