Vous reprendrez bien une tranche de journalisme citoyen ?
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Francis Pisani reparle du journalisme citoyen à propos du massacre de Virginia tech et du lancement de Now public, une sorte d’Agoravox plus tourné vers l’information que vers l’opinion.
Que la presse traditionnelle soit obligée de prendre en compte l’interactivité et la participation avec ses clients (lecteurs, auditeurs ou spectateurs) c’est certain.
Qu’elle ait tout intérêt à construire un réseau de correspondants non professionnels, via le Web, c’est évident (c’est ce que fait depuis des dizaines d’années Europe 1 ou RTL : la radio récompense les auditeurs qui signalent un scoop).
Mais de là à en tirer la conclusion que ce « journalisme citoyen » est l’avenir de la presse, je pense qu’il y a une marge. Comme l’explique Klement dans les commentaires du billet de Francis, l’information brute et l’émotion ne suffisent pas pour informer correctement.
D’autre part, en quoi se frotter au reportage quand on est amateur est-il un acte « civique » ou « citoyen » ? C’est du journalisme (ou cela tend vers le journalisme) mais point besoin de le qualifier. Ou alors, peut-être, de « journalisme amateur » ? Mais cela risque de passer pour péjoratif.




Commentaires
En effet : confondre témoignage plus ou moins direct et journalisme est assez dérisoire…. Les témoignages en cas de catastrophe ou d’attentat et autres ont toujours été utilisés par les médias, depuis l’assassinat de John Kennedy filmé par un amateur.
Un catalogue d’idées reçues que l’on nous ressort à chaque événement un peu spectaculaire, comme les attentats du métro de Londres.
Dans le même genre, on pourrait écrire « Les médecins ne peuvent plus se passer de la médecine citoyenne, car les premiers témoins d’un accident sont là avant eux, le Samu arrive toujours après celui qui a vu l’accident, et porté les premiers secours »
Il faut quand même faire attention avec ce mot. Lors de l’événement, ceux-ci et les blogues sont très utiles, mais pour l’analyse, après, on veut de vrais journalistes, tout comme on veut de vrais chirurgiens!
Plutôt que de fustiger, je pense qu’il faudrait plutôt s’interroger sur le pourquoi de la naissance de cette expression de « journalisme citoyen ».
En effet, le journalisme est par essence « citoyen », c’est à dire qu’il concourt à la bonne marche démocratique et informe chacun pour qu’il connaisse ses droits et ses devoirs.
Ce n’est que mon avis, mais j’ai le sentiment que les journalistes ont failli dans leur mission. En disant celà j’énonce une généralité dans laquelle tous les journalistes ne se reconnaissent pas (à commencer par moi), il faudrait dire les journalistes « en vue » ou les médias « en vue ». Trop de connivences avec les pouvoirs ont décridibilisé la fonction de journaliste.
D’où la naissance d’un journalisme « citoyen », ou plutôt « proche des citoyens » c’est à dire de leurs préoccupations. Pour moi, le moment le plus visible et emblématique de la fracture entre journalistes et citoyens s’est produite à l’occasion du « Non » au referendum européen…
L’avenir de la presse, à mon sens, c’est de redevenir crédible en instaurant des pratiques claires et transparentes. C’est retrouver la bonne distance critique, le goût de l’enquête, la proximité avec ses lecteurs, et aussi une liberté de ton… Non ?
Le problème c’est la connivence. La presse est un lieu de pouvoir et la tentation est forte d’utiliser ce pouvoir pour peser sur ses lecteurs (spectateurs, auditeurs).
De spectateur-rapporteur on passe à acteur.
Marianne avait pointé en 2002 l’opinion majoritaire (80% ?) des journalistes pour les candidats de gauche. Lors du referendum on a revu, effectivement, la fracture entre l’opinion et les journalistes que Serge Halimi avait déjà dénoncé dans les Nouveaux chiens de garde à propos du referendum sur Maastricht.
Je ne crois pas du tout aux bonnes intentions réformatrices de la corporation. Il existe une charte des journalistes depuis 1918 bien souvent bafouée.
Je crois plus aux vertus de la concurrence et de la transparence que le Web – et en particulier les blogs – aide à mettre en place.
Je pense sincèrement que la question réelle est « qu’est ce qu’informer »? Est ce que témoigner c’est informer? Et l’information n’a-t-elle pas besoin de témoignages? Par exemple, voici un site tout nouveau http://www.infos-des-medias.net/... on ne sait pas ce que c’est : temoignages, information limitée… Expliquez leur.
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