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Speechi a eu la bonne idée de réhabiliter les formations péripatéticiennes. Et promeut le concept « d’enseignement nomade » en réaction au Web 2.0 ou au Web social qu’il décrit comme des « concepts marketing fumeux ».

Mais Thierry ne serait-il pas en train de réinventer l’eau tiède ? Et de nous proposer son concept marketing à lui ? Ce n’est pas la peine de régler son compte aux modes pour nous entraîner dans une nouvelle…

Certes, le e-learning a beaucoup péché par excès de technologie. On a souvent placé l’apprenant tout seul devant de merveilleux outils (généralement « propriétaires ») qui devaient compenser l’absence d’enseignant.

Or, tout enseignement qui se respecte est aristotélicien. Il essaye d’individualiser son enseignement en fonction de chaque élève, au mieux qu’il le peut. Cela est évidemment plus facile avec un doctorant qu’avec une classe de 30 bambins de primaire.

Que l’enseignement soit nomade ou pas n’est pas important. Le point central de la technique d’Aristote n’est pas la mobilité mais l’individualisation de la formation et le suivi de chaque élève, le coaching dirait-on aujourd’hui. Peu importe qu’il marche ou non dans les allées du Lycée.

Ce qui compte, ce qui est un progrès dans la relation formateur-apprenant ce n’est pas de pouvoir être mobile mais de pouvoir être distant. Plutôt que compenser l’absence par la technologie, les outils du Web 2.0 (qu’on aime ou pas le nom) permettent aux professeurs de rester présents à distance. Synchrone ou asynchrone est secondaire d’ailleurs.

La tendance du e-learning est à la simplicité des outils (blogs, wiki, Skype…) et à un réinvestissement dans la valeur ajoutée des professeurs : le suivi individualisé, la pédagogie, la réorientation permanente de l’apprenant dans son parcours.

Comme l’explique Adrien Ferro dans la présentation de sa prochaine formation (fichier PDF) :

 » Les blogs, les wikis, les réseaux sociaux, mais également les outils de syndication de l’information, sont en train de battre en brèche une vision de la formation professionnelle basée quasi exclusivement sur la diffusion de contenu statique, à rendre plus ou moins consommable par des habiles découpages en «cours-modules-séquences ». »

Ajoutons que ces outils de la génération Web 2.0 favorisent le travail en groupe des apprenants, le contraire de la vieille vision solitaire du e-learning.

E-learning 2.0, Rapid e-learning, enseignement mobile, réseaux sociaux, web 2.0 ? Les mots sont piégés comme pour le télétravail. Utilisons donc les nouveaux outils pour mieux enseigner, plus facilement, plus efficament et à distance. En nous gardant des modes car un outil chasse l’autre.

A tout prendre, il vaut mieux enseigner à distance avec un moche fichier Word, un blog et un professeur derrière qu’avec un joli learning management system et des suites logicielles sophistiquées… sans enseignant. Cela c’est vu.

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