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Visite d’une équipe de C dans l’air ce matin pour un reportage sur le télétravail, dans le cadre de la politique de civilisation d’Edgar Morin. Une expression vulgarisée par Nicolas Sarkozy dans ses voeux et sur laquelle se penche l’émission d’Yves Calvi (voir l’émission en ligne)

Une occasion de réfléchir à la philosophie du télétravail puisque Morin en fait l’un des 3 pieds de la revitalisatiin des campagnes avec la boulangerie et le bistrot :

 » La réduction des intoxications de civilisation – dont l’intoxication publicitaire, qui prétend offrir séduction et jouissance dans et par des produits superflus -, du gaspillage des objets jetables, des modes accélérées qui rendent obsolètes les produits en un an, tout cela doit nous conduire à renverser la course au plus au profit d’une marche vers le mieux, et s’inscrire dans une action continue en faveur de deux courants amorcés qu’il faut développer : la réhumanisation des villes et la revitalisation des campagnes. Cette dernière comporte la nécessité de réanimer les villages par l’installation du télétravail, le retour de la boulangerie et du bistro. »

Télétravail est un mauvais mot car il met l’accent sur la technologie sans mettre en évidence la part de rêve : liberté dans le choix de vie et le lieu d’habitation, qualité, temps personnel retrouvé, amélioration de la productivité, baisse de la pollution.

bva-quitter-la-ville.jpgIl ne s’agit pas de déplacer les villes et ses nuisances à la campagne mais de prendre en compte un ras-le-bol : 8 millions de citadins souhaiteraient quitter la ville et un sur deux souhaiterait s’installer à la campagne pendant sa vie active (télécharger les résultats du sondage BVA, format Power Point) ! Ce qui prouve bien que les inconvénients de la vie urbaine sont devenus supérieurs aux avantages.

Aujourd’hui, « vivre et travailler au pays » comme le demandait la CFDT dans les années 70, est plus facile qu’il y a 30 ans. La ville fascine moins et la technologie, les réseaux rendent possible le travail à distance, le travail 2.0.

Mais les technologies avancent plus vite que les mentalités des managers.

Que faire alors pour que ces 8 millions de candidats au départ puissent enfin s’épanouir dans une vie choisie et non plus imposée ?

La solution ne réside pas dans les propositions constructivistes et dirigistes énoncées par Edgar Morin dans sa tribune libre. Elle peuvent constituer une direction et donner un sens. Mais les voeux pieux sont inefficaces pour le changement.

En revanche, les politiques peuvent peser sur le changement. Simplement en améliorant les infrastructures et en créant les conditions pour améliorer l’agilité numérique des entreprises.

On sait que les TIC tirent la croissance aux Etats-Unis. Pourquoi ne basculerions-nous pas, nous aussi, dans la société de la connaissance ? Pourquoi les territoires ruraux seraient-ils les derniers à pouvoir se former à distance, à tirer bénéfice de la télémédecine ou à regarder de la vidéo à la demande ?

L’avènement de cette société de la connaissance comporte un préalable : développer un réseau de fibre optique jusque chez l’habitant (FTTH) et former massivement les utilisateurs aux usages de ces technologies. Le reste, le télétravail et le développement rural nous sera donné de surcroît.

Le marché s’occupe de développer la fibre en ville où la densité de population accélère le retour sur investissement. Mais dans les zones rurales, qui va tirer de la fibre ? Pas l’Etat, il est fauché. Pas les opérateurs, les clients ne sont pas assez nombreux.

Pourtant, le développement du télétravail à la campagne ainsi que le maintien des boulangeries et des bistrots ruraux est à ce prix-là.

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