Encourager la mobilité ou réduire la distance ?

par Xavier de Mazenod • 21 février 2008

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La mobilité est-elle l’avenir du travail ? Nous ne le pensons pas. Nous croyons même que ce concept de mobilité cache l’essentiel, beaucoup plus intéressant pour les entreprises et pour les salariés : la réduction des distances.

Quelle importance, pourrait-on se demander, y-a-t’il à chipoter pour départager les termes “mobilité” et “distance” ? Ces concepts recouvrent la même réalité, on utilise les mêmes outils de communication modernes dans les deux cas, non ?

En fait, le problème est mal posé. L’enjeu sociétal et économique n’est pas de continuer à travailler quand on se déplace mais de travailler à distance sans se déplacer.

La mobilité est à la mode. Travail nomade, télétravail, e-learning, collaboration à distance, travail 2.0 et classes mobiles sont des expressions de plus en plus courantes. Elles traduiraient un bouleversement dans le monde du travail.

Les vertus de la mobilité sont chantées partout et bien sûr par ceux qui y voient un intérêt comme les opérateurs de téléphonie mobile, les fabricants de PDA ou d’ordinateurs portables.

Travailler “en mobilité”, se déplacer en permanence serait hype et branché. L’importance des cadres dans l’entreprise serait même directement proportionnelle au nombre de kilomètres parcourus chaque année. Signes extérieurs de pouvoir pour les cadres mobiles : le Blackberry, le dernier Nokia ou le petit Asus arborés dans les halls d’aéroport.

La mobilité, symptôme d’organisation archaïque ?

Dans la réalité, le travail en mobilité est une forme dégradée du travail au bureau. L’entreprise s’oblige à trouver des solutions pour compenser l’inconfort et la mauvaise qualité du travail mobile.

Chacun peut se rendre compte qu’il est moins facile de réaliser ses tâches quotidiennes lorsqu’on est en déplacement. Perturbation, inconfort, mauvaise connexion à l’Internet compliquent la vie. De plus, le déplacement coûte cher, fatigue le cadre et rend difficile ses relations avec ses interlocuteurs habituels.

Pour compenser ces handicaps, on dispose aujourd’hui d’outils qui permettent d’améliorer les communications. Les téléphones mobiles, les ordinateurs ultra-portables, le WiFi, la 3G, la “webisation” des services remédient partiellement aux problèmes engendrés par les déplacements.

En dehors de quelques catégories de salariés par nature mobiles (commerciaux par exemple), il faut donc réfléchir au pourquoi de cette mobilité. Pourquoi prendre l’avion, la voiture ou le train, gaspiller sa santé et répandre du CO2, mal travailler ? Pour des réunions ? Pour travailler ensemble ? Pour mettre en place des projets ? Toutes ces actions, la technologie permet aujourd’hui de les réaliser à distance, sous condition d’organisation, de préparation et de formation des acteurs.

Si l’on creuse un peu la question, on constate que l’élément important ce n’est pas la mobilité, c’est la distance. Je peux donner une formation au Québec depuis la France et converser, en mode synchrone (y compris en vidéo) ou asynchrone, avec les apprenants. Je peux participer à une réunion avec des interlocuteurs de plusieurs pays, je peux travailler en commun sur un document, sur des pages de tableur, sur un business plan.

L’entreprise jacobine

Au-delà de la guerre sémantique, la différence de mots cache une différence de philosophie de l’organisation.

Avec la mobilité, l’entreprise conserve son organisation pyramidale centralisée, jacobine. Certains salariés peuvent devenir nomades, par nécessité ou par mode, et sont équipés d’outils nomades, mobiles. Mais l’organisation ne change pas. Plus même : c’est la technique qui a pris la main sur l’organisation. L’investissement a été fait dans les outils mais rarement dans l’évolution de l’organisation.

La distance implique au contraire une philosophie de la collaboration lointaine, un mode de fonctionnement radicalement différent. L’entreprise qui a intégré ces principes sait que les déplacements sont inutiles pour travailler (ce qui ne signifie pas absence de contacts) et que l’agitation de la mobilité est moins efficace que le travail à distance organisé qui s’appuie sur les outils de communication. D’une certaine manière, l’entreprise mobile se prive des atouts de ce que l’on appelle le Web 2.0 (enrichissement par la communauté, utilisateurs/producteurs) ou Entreprise 2.0.

Malgré ses airs de modernité, la mobilité n’est elle pas l’héritière d’une représentation archétypique et archaïque du travail et de l’organisation qui en découle ?

Dans cette représentation, le travailleur est en prise avec son ouvrage comme le laboureur qui empoignait fermement sa charrue, les pieds dans la terre, ou l’artisan façonnant le métal ou le bois. Le col blanc prend un soin méthodique de son espace de bureau, de ses dossiers, des ses fournitures de bureau. Le travailleur, qu’il soit à l’oeuvre ou au labeur, fait corps avec son ouvrage. Il imprime une empreinte physique sur le monde, sur des objets, autant qu’il est lui même marqué et façonné par eux.

Nous véhiculons de telles images du travail et du travailleur ; celles, pas si lointaines, de la faucille et du marteau.

Les formes actuelles de matérialisation du travail n’ont pas encore beaucoup changé. Il y a toujours des bureaux avec du mobilier de bureau, dans des immeubles de bureau, des ateliers. Au XIXe siècle, la structure des unités de production a imposé de les concentrer en un même lieu. Ce qui a obligé les salariés à venir vers ces lieux de production, vers le travail.

Dans l’ouvrage numérisé, on essaie d’ailleurs encore de préserver ce vocabulaire qui évoque l’espace matérialisé (bureau, dossier…), signe de notre besoin de familiarité, de proximité sensorielle avec l’ouvrage.

L’entreprise pyramidale est donc structurée pour faciliter la proximité physique avec les autres, dont nous avons besoin pour travailler, et articulée pour permettre les fonctionnements hiérarchiques et l’exercice du contrôle.

Dans la mobilité, le travailleur va toujours au travail ; toujours plus, toujours plus vite, toujours plus loin. Ne peut on pas y voir un conformisme empressé par rapport aux formes les plus archaïques du travail ? “Aller au travail” : loin de disparaître, l’expression, au contraire, prend tout son sens.

La distance qui fait peur

Avec la distance, c’est l’ouvrage qui vient au travailleur. Et l’ouvrage, aussi complexe et volumineux soit-il, devient d’autant plus facilement transportable que les technologies évoluent. On peut voir dans ce processus une manière de (sou)mettre les technologies au service de l’homme. On pourrait dire que le concept de “mobilité” met en valeur les outils alors que le concept de “distance” met en avant les hommes.

Paradoxalement, la distance fait peur aux entreprises. Elles redoutent encore souvent de laisser aller le travail au travailleur, alors même qu’elles externalisent ou mondialisent leurs activités.

Les salariés qui travaillent chez eux ou dans des lieux distants de l’entreprise (à domicile ou dans des télécentres près de chez eux) sont vus comme des babas originaux. Une main sur le clavier d’ordinateur et l’autre sur le pis de la chèvre néo-larzacienne ! Tous les clichés sur le télétravail y passent. Le travailleur éloigné serait menacé de perte du lien social, installé sur une voie professionnelle de garage, près de la sortie. Et puis, n’est-ce pas, on ne travaille correctement que si on voit les gens !

L’entreprise reste mobile car elle n’accepte pas la distance. Le cadre surbooké, toujours entre deux avions, bénéficie, lui, d’une image de productivité. Alors que…

De quoi parle-t-on ?

Dans les faits, bouger ne crée aucune valeur pour l’entreprise. Au contraire. La mobilité donne l’illusion de la modernité mais ne fait qu’entériner de vieux modes de fonctionnement.

L’organisation rigide et jacobine couplée à la mobilité coûte très cher : de l’immobilier d’entreprise, des déplacements, de la fatigue, du gaspillage d’énergie. Des navettes quotidiennes maison-bureau et des miles en avion pour les salariés les plus “importants”.

Choisir de réduire la distance plutôt qu’opter pour la mobilité permet d’économiser sur ces postes et redonne de la productivité aux salariés qui gagnent de la souplesse pour gérer leur temps et leur travail.

Le cadre-contrôleur-pointeuse n’a plus de raison d’être. Le management par objectifs développe les responsabilités.

Rien ne s’oppose plus à travailler là où on habite et le travail peut venir vers nous (Vivre et travailler au pays). Une opportunité pour les territoires ruraux : la campagne est un « espace d’innovation, signe des temps et symptôme d’une société en mutation où s’invente un autre modèle de vie » annonçait déjà le sociologue Jean-Didier Urbain dans son Désirs de campagne.

Les perspectives de gains économiques, sociaux et environnementaux sont considérables. Changer de mode d’organisation suppose évidemment de surmonter quelques défis, pour le salarié comme pour l’entreprise. Les projets de mise à distance doivent être gérés, dans leurs aspects humains, organisationnels et techniques. Mais plutôt que de s’en tenir aux lieux communs, aux dangers supposés, pourquoi ne pas commencer à réfléchir à cette mutation : comment convertir mon entreprise au travail collaboratif à distance ?

Xavier de Mazenod et Jean-Claude Maurin

A la suite de ce billet sur le e-learning, j’avais promis de préciser ma pensée à propos de la mobilité, ennemie de la distance. En cours de réflexion, nous nous sommes trouvé des positions communes avec Jean-Claude Maurin qui était l’un de mes formateurs dans le cursus Net-Trainers. Il m’a donc apporté sa contribution pour préciser ma pensée. Merci à lui. Merci également à Google docs qui nous a permis de travailler ensemble, à distance, sur ce texte.

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Commentaires

Excellent!

De deux experts naît un billet expert. Bravo à tous les deux !

Bravo ! Là vous marquez un point.

J’ai apprécié ce billet et notamment l’angle pris pour aborder la mobilité !

La distance est souvent synonyme de contrainte, pour les entreprises comme pour les salariés. La distance et la mobilité qu’elle implique sont pourtant des facteurs de gain de temps et d’argent … et, frileuses ou pas, de plus en plus d’entreprises y ont recours ! Dans un contexte international ou encore dans un contexte ou les acteurs sont des spécialistes (et donc rarement localisés dans la même région), la distance est incontournable. Heureusement la technologie permet aujourd’hui de s’affranchir de la distance. Le principal frein reste donc psychologique ;)

Pourtant lorsque l’on a l’opportunité d’y goûter, on découvre certains avantages à cette distance. Avant tout, c’est un tel changement d’organisation qu’il est favorable à une évolution … en tout cas si elle est pensée ! Se convertir au travail collaboratif à distance est en effet l’occasion de remplacer de mauvaises habitudes par de meilleures. L’expérience la plus parlante est celle des e-meeting. Ces réunions à distance, animées historiquement par télé-conférence, se déroulent par webcam interposée et s’appuie sur un partage d’écran pour retrouver les avantages d’un tableaux blanc et de l’utilisation des diaporamas. Bien organisée et accompagnée par une démarche de conduite du changement, il est possible de constater que les participants arriveront à l’heure et auront préparés leur réunion. Si l’animateur utilise judicieusement les outils gérant la prise de parole, il est même probable que chacun laisse (enfin) parler chaque acteur sans lui couper inlassablement la parole. Mon expérience dans la formation à distance (synchrone) m’a permis de découvrir une autre façon d’enseigner : la relation établie à distance est plus difficile à “créer” … mais le transfert de compétence et l’accompagnement qui en résulte est beaucoup plus efficace.

On évoque beaucoup les inconvénients de la distance … et pourtant pour prendre une décision, il faut aussi identifier les avantages (autres que financiers) dont il est possible de bénéficier. Ce billet nous invite à commencer à réfléchir à cette mutation. A chacun donc de faire sa propre expérience dans son domaine de prédilection, à chacun de confronter ses a priori avec la/sa réalité.

Merci encore pour ce billet, ce n’est qu’en en parlant que “l’idée ferra son chemin” ;)

Ce billet signe bien la progression de nos chantiers convergents sur la collaboration à distance. Oui la mobilité n’est pas un progrès mais une régression.

La méthode “lean” issu du système de production toyota symbole d’efficacité industrielle, démontre de façon très didactique l’inefficacité de la mobilité. La question que chacun doit se poser quand il se déplace : est-ce que ce déplacement transforme la qualité du service que je rend à mon client? Comment alors puis-je éviter ce gaspillage ?

L’analyse de la valeur de chacun des emplois nous ramène assez vite au bon sens de diminution de la mobilité.

Comme l’explique très bien Xavier, il y a pourtant de bonnes raisons à promouvoir la mobilité :
-bénéfice pour le vendeur d’outils de mobilité
-bénéfice pour le vendeur de transport
-bénéfice pour celui qui peut éviter de travailler dans le transport tout en étant considéré dans son emploi
-bénéfice pour l’entreprise qui conserve son statut de centre de pouvoir.

On le voit bien, les raisons de développement de la mobilité bien que contradictoires avec la performance de l’entreprise ont bien des intérêts à se développer.

L’organisation de la collaboration à distance demande par contre une sagesse collective qui est plus difficile à mettre en oeuvre que de se comporter comme un mouton de panurge dans les bouchons du matin :)

125647 fois d’accord :-) Il ne faut pas oublier que pas mal de firmes ont intérêt à nous vendre du trajet, c’est aussi leur boulot.
Mais pour revenir sur le fond du billet, autant il est assez facile à un indépendant de mettre en place sont business à distance (…et encore, ceci demande à être hyper performant et réagir à tous les instants), autant je connais nombre de boites / responsables qui répugnent à cela et préfèrent occuper leur temps et ceux de leurs collaborateurs en réunions suivies d’autres réunions, etc.
Sans ces réunions, c’est la fonction de certains qui serait menacée de facto et, pire, leur inutilité souvent dévoilée…
C’est une boutade mais je pense à quelques cas que j’ai rencontré dans le passé qui ne (sur)vivaient que par le bruit qu’ils généraient… En supprimant leur capacité de nuisance, même leurs équipiers bosseraient mieux…
Or le travail à distance et cette déconnexion de leur pression serait une épreuve trop révélatrice :-)

Par Xavier de Mazenod le 25 février 2008 à 12:17

Jean-Christophe, nous sommes bien d’accord ;-)

Ceux qui ont vécu des expériences dans des entreprises savent très bien qu’elles peuvent être des lieux de non-productivité totale pour certains.

C’est pourquoi on ne peut pas calquer un projet de télétravail sur une vieille organisation.

Il faut au préalable réfléchir à l’organisation, aux nouveaux modes de managements puis, ensuite, aux outils et à la formation des salariés.

Responsabiliser les salariés et leur fixer des objectifs en les laissant assez libres sur les moyens de les atteindre peut être douloureux pour les illusionnistes qui font du vent.

J’adhère à la façon dont vous exposez les choses. D’un point de vue théorique du moins parce que dans la pratique le travail collaboratif à distance exige beaucoup de rigueur. On a là les moyens d’avoir des indicateurs de productivité. Résultat, il est beaucoup plus facile de mettre en avant la mobilité qui donne comme vous l’expliquez très bien l’illusion de gagner du temps.

De la rigueur : il en faut !

Voici un retour d’expérience à lire : http://www.webdeux.info/c-est-bon-etre-tele-travailleur

Par Xavier de Mazenod le 26 février 2008 à 1:18

Rodolphe, un projet de télétravail dans une entreprise ne doit pas s’improviser.

Sur la base du volontariat, on prépare, on forme et on suit ses salariés à distance.

A cette condition, on pourra espérer tirer les bénéfices de ce mode d’organisation et réduire la mobilité.

Ensuite seulement on pourra envisager des changements plus profonds dans l’organisation pour tendre vers l’entreprise 2.0.

e-tribArt Institut est une école de 3d et d’effet spéciaux cinéma avec un enseignement totalement en ligne. e-tribArt propose une formation initiale – cycle 3D – de 2ans.

e-tribArt Institut repose sur une expérience de plus de 15 ans de formation et de direction de formation dans le domaine de la 3D et des effets spéciaux. Le programme pédagogique de cette école 3d est construit dans le but d’obtenir pour l’apprenant une compétence professionnelle et un métier dans le domaine de l’image 3D et des effets spéciaux :

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Pour l’étudiant, le savoir-faire et les compétences s’acquièrent :
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Les LTP, les logiciels tuteurs personnalisés

Avec la technologie des logiciels tuteurs personnalisés, l’apprenant invente et construit en permanence de nouvelles manières de créer des images.
A l’intérieur de scénarios pédagogiques, dans un encadrement professionnel, cette méthodologie unique au monde permet à l’apprenant de stimuler sa créativité et d’élaborer des schémas de construction d’images qui lui sont propres.

A partir des cours dirigés par des enseignants professionnels (cours synchrones et cours asynchrones), dans un milieu structuré et cohérent, l’apprenant va stimuler son imagination et dépasser les règles de base apprises. Il va acquérir les schémas de productions visuelles pour ensuite inventer de nouvelles procédures. Ces propositions de procédure sont aussitôt soumises à des tests de réalisation auprès des enseignants pour valider, améliorer ou réfuter ces dernières. Ensuite les enseignants et les autres apprenants vont aussi proposer leur nouvelle façon de faire et améliorer les procédures proposées. Les études réalisées sur des groupes d’étudiants montrent que cette méthode permet de mieux assimiler les connaissances. La principale raison du succès de cette méthode est qu’elle correspond à la mise en situation et à la stimulation professionnelle qu’aura à vivre l’apprenant dans son futur métier.

Le programme pédagogique est détaillé sur notre site http://www.e-tribart.fr.

http://www.e-tribart.fr
http://www.e-tribart.fr/tutvideo
http://www.mobile-learning-3D.com

Je fais suite à mon commentaire sur le post concernant le eLearning: http://www.adverbe.com/2007/11/15/le-e-learning-est-mort/.

L’analyse mobilité-distance est intéressante, mais il est également intéressant de la considérer sous l’angle de la confiance numérique. Peut on faire vraiment confiance à une machine ?

Et peut on reproduire artificiellement un contact humain ?

Qui dit confiance, dit information. Et c’est précisément l’aspect artificiel de l’information qui détruit la confiance.

Et sans confiance, pas de collaboration ou plutôt pas de coopération …

@+ Oliv

Par Xavier de Mazenod le 5 septembre 2008 à 8:54

Oliv, il ne s’agit pas de “reproduire artificiellement un contact humain” quand on travaille à distance mais plutôt de compléter les rapports humains.

Tout à fait d’accord avec toi Xavier, lorsque l’on dialogue avec un robot, on peut parler de rapport artificiel… mais le sujet est ici plutôt la distance !

Pour faire le parallèle, c’est un peu comme craindre qu’un contact téléphonique nuise à la confiance. Les technologies transforment un peu les rapports humains, mais ils ne sont pas non plus bloquant ;)

Salut,

Effectivement on peut concevoir la machine comme une extension humaine, et je suis heureux que l’on soit d’accord.

Mais je réagissais plus au contenu de l’article qui me donnait l’impression d’être une critique
de la mobilité au profit de l’utilisation d’interfaces homme-machine pour vaincre la distance.

Et mon propos était de dire que pour avoir mis les mains un peu dans le cambouis (cf http://cooperation-iws.gensys-net.eu), la problématique n’est pas forcément de démultiplier la capacité humaine à se propager dans l’espace ou dans le temps au moyen d’extension numérique, mais également de pérenniser la nature du rapport humain en soulevant le problème de la confiance dans ce genre de prothèse.

La solution personnelle que j’ai trouvé est pour l’instant d’utiliser des technologies open-source.

@+Oliv

Ta réponse m’intéresse, j’aimerai en savoir plus sur un point…

Pour toi, en quoi privilégier l’open source est il un favorise-t-il la confiance ?

Merci d’avance de ta réponse ;)

L’opensource favorise la confiance pour plusieurs raisons:

Des raisons économiques: les possibilités de monopoles ou d’oligopoles sont moindres (même si elles existent quand même). Le “client” est moins captif de son fournisseur. L’indépendance favorise donc la confiance dans le produit.

Des raisons techniques: Même si l’utilisateur n’a pas le savoir faire pour étudier le code source de ses logiciels, il existe la possibilité pour des communautés d’experts proches de l’utilisateur par la nationalité, la philosophie, …, de pouvoir étudier les mécanismes internes desdits logiciels.

Des raisons morales: sans rentrer dans les détails, je prendrai l’exemple de la distribution “Ubuntu” dont le nom signifie “humanité aux autres”.

@+Oliv

Tout cela est très juste. J’ajouterai que la présence d’une communauté permet à la confiance de ne pas reposer uniquement sur l’éditeur mais de s’appuyer sur la communauté. La pérennité de la solution est ainsi assuré.

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