Nicole Turbé-Suetens réagit vertement à un billet de l’Atelier intitulé “L’avenir de l’entreprise ne passe pas par le télétravail”.
Ce billet se fait l’écho d’une étude de la Durham business school commentée pour l’atelier par Claude Riveline, professeur de gestion à l’Ecole des Mines qui affirme doctement quelques poncifs sur le travail à distance:
” (…) Cest une profonde bêtise de penser que le télétravail est l’avenir de l’entreprise. Bien sûr c’est une méthode de gestion de l’entreprise et d’organisation qui peut s’appliquer dans certains cas. Mais je maintiens l’idée que sentiment d’équipe et de voisinage sont incontournables pour le travail en entreprise.“
Comme le souligne Nicole, M. Riveline doit être resté à l’âge du Minitel car il :
” semble avoir loupé les marches des dernières années de l’évolution des organisations. Peut-être sa loupe se limite-t-elle à l’Hexagone. Dans se cas, son regard est compréhensible étant donné le retard du système productif français à adapter ses processus pour aligner stratégie et organisation. Ce n’est pas un hasard si le monde du travail français souffre et si le stress au travail est malheureusement un grand sujet d’actualité. “
Le télétravail cause de perte du lien social ou de retard dans sa carrière sont des lieux communs malheureusement encore véhiculés dans certaines entreprises. On comprend mieux pourquoi si c’est là l’enseignement de l’école des Mines.
Pourtant, beaucoup d’entreprises le pratiquent tous les jours : travailler à distance engendre de nombreux bénéfices, y compris pour les salariés. Les critiques que porte l’article de l’Atelier semblent ignorer qu’il est possible de manager des salariés à distance : “Tout un tas de rituels qui régissent l’entreprise manquent aux actifs nomades : la machine à café, se serrer la main, la cantine, la place de parking…”.
On passera sur la confusion entre “nomades” et “travailleurs à distance” pour préciser que, justement, un projet de télétravail correctement préparé prend en compte ces risques pour éviter l’isolement du télétravailleur.
Plus grave sur le plan intellectuel : Nicole Turbé-Suentens accuse M. Riveline de ne pas avoir fait une lecture sincère du rapport de synthèse de l’étude de l’université de Durham. En effet, comme on peut le lire, ce rapport met en évidence les craintes des salariés vis-à-vis du télétravail sans condamner ce mode d’organisation. Nuance.
Travail collaboratif, télétravail, travail 2.0