L’accès au très haut débit pour tous, à son domicile comme sur son lieu de travail, est un défi essentiel pour la France dans les 10 ans à venir.

De la capacité à investir massivement dans l’accès à l’Internet à très haut débit (100 Mbps sysmétriques aujourd’hui et probablement 1 Gbps symétriques demain) ainsi que dans son utilisation et dans sa maîtrise par tous dépendent la formation, la médecine, la culture ou l’économie de demain. Et donc la place de la France dans le monde.

La fibre optique et le FTTH (fiber to the home, fibre jusqu’à la maison) semblent bien être la seule technologie pérenne capable de répondre à ce défi. Même si des technologies d’appoint comme le Wimax ou le Wi-Fi peuvent jouer un rôle pendant le transition, la fibre apparaît bien comme la seule solution qui permette d’anticiper les besoins sur une durée assez longue. Contrairement à l’ADSL sur fil de cuivre que les opérateurs exploitent jusqu’à la moelle au détriment du déploiement des solutions d’avenir.

Si le marché va s’employer à fournir de la fibre optique partout en ville, 80 % du territoire français, la campagne, se retrouve condamné à subir le bon vouloir de l’opérateur historique, le seul à avoir investit dans un réseau de fibre optique qui relie aujourd’hui presque tous ses NRA (Noeuds de raccordement d’abonnés). La fibre n’est pas loin de votre village isolé à la campagne mais aucun opérateur ne déploiera le dernier kilomètres de fibre jusqu’à votre maison. Pas rentable dit-on.

Le très sérieux cabinet Tactis a étudié les modèles économiques du FTTH et se montre pessimiste (télécharger leur analyse, format PDF). L’état est fauché. La dette, les frais de fonctionnement et la mauvaise gestion ont eu raison de ses capacités d’investissement. Les collectivités locales ne sont guère plus riches et les élus en général n’y voient pas très clair dans les priorités d’investissements. Quant à ceux qui ont conscience des enjeux liés à la fibre optique, ils sont plutôt rares…

Tout le monde bricole donc et très peu de territoires osent déployer de la fibre. On citera le département de la Manche ou les communautés de communes du pays de Maurienne ou du Pays de Gex. Et quelques autres projets.

Ajoutez à cela  le lobbying des industriels et des opérateurs, les territoires embourbés dans de mauvais choix technologiques ou juridiques - et donc refroidis côté investissements - et vous comprendrez pourquoi les campagnes risquent d’attendre très longtemps le FTTH. Et pourquoi la France est bien partie pour jouer du triangle dans le “concert des nations”.

Tout est fichu et il faudrait donc se résigner à l’immobilisme ?

Et bien non comme l’écrit l’ex-sénateur Trégouët, jeune consultant, qui signe un long éditorial sur le sujet à l’occasion du 10e anniversaire de sa Lettre.

Il y plaide pour une décision politique en rupture avec les évidences économiques à court terme. Investir dans le déploiement dfe la fibre optique pour tous n’est pas rentable ? Mutualisons les charges entre la ville et la campagne, entre les départements  urbains et ruraux comme nous avons su le faire autrefois pour connecter chaque maison de France au réseau électrique.

Je vous engage à lire attentivement cet éditorial. René Trégouët y cite son expérience de réseau de fibre dans le département du Rhône et rappelle l’histoire de la Fédération nationale des collectivités concédantes et de régies (FNCCR) qui avait su rassembler les élus départementaux pour électrifier la France. Mais surtout, il met clairement les points sur les “i” et propose une solution pour “l’opticalisation” du pays. Peut-être celle de la dernière chance…

Très haut débit, fibre optique faire un trackback