Sans Internet, la presse meure
Le magazine Business 2.0 est mort. Les magazines papier qui parlent d’Internet n’intéressent personne ? Mais peut-être que publier du papier est un non sens quand on parle du Web.
Et ne pas “faire partie d’Internet” est un non sens pour un magazine comme le rappelle Alexis qui nous a traduit l’opinion de Jeff Jarvis sur ce décès prématuré :
” Pourquoi diable [Business 2.0] n’a pas commencé ou soit passé online ? S’il n’avait été pensé comme un produit, mais comme une communauté, il aurait pu être le media qui aurait montré comment les choses fonctionnent. Il n’avait donc pas de groupe dans Facebook pour le sauver. Il était produit par une compagnie “modèle 1.0″ qui l’a pensé en terme de bien plutôt que comme un espace. CQFD. “
A ce propos, je suis bien déçu par Médiapart au bout de quelques mois d’abonnement…
Information, pouvoir, communication, Web 2.0 faire un trackback






meurt
Cela s’adresse à la presse en général ou à Médiapart en particulier ?
Au sujet de Médiapart, je n’irais pas jusqu’à dire que je suis déçu, mais il est vrai que je ne suis pas emballé. J’y ai lu de très bons articles à l’occasion, mais dans l’ensemble la ligne éditoriale ne me parle pas plus que ça.
De plus en plus les propositions sur le web sont en vidéos, et même parfois les réponses de commentaires sont en vidéos.
Comment ? comment voulez-vous qu’un support papier, ancienne technologie survive ? c’est comme T.V non inter-active, un souvenir du passé adoré par quelques politiques et nostalgiques.
Cordialement
Excusez-moi pour cette allusion triviale, mais quand vous êtes sur la plage, aux toilettes, dans le train, dans le métro, vous lisez sur votre écran d’ordinateur ? Non !
Arretons de dire que le papier est mort. Le web fait évoluer les choses, mais ne tue pas et tuera pas un autre média. Les raisons d’un tel décès, pour revenir au sujet du billet sont à chercher dans la ligne éditoriale et non dans le support. C’est certain que l’on n’a pas les mêmes possibilités sur internet que sur le papier, mais on peut apporter des informations, des regards et des dossiers qui donnent envie d’acheter la revue même si elle parle du web.
Je me souviens d’une revue papier qui n’a connu qu’un numéro qui était consacrée aux blogs. C’était absolument inintéressant et répondait à aucune attente. résultat : la revue a disparu. Le même sujet sur le web aurait eu le même échec, seulement comme les coûts de fabrication et de diffusion sont largement moindres, on aurait conservé le site. La différence est juste que pour les papiers, les coûts sont tels que l’on n’a pas le droit à l’erreur. A la différence du web.
Je pense aujourd’hui qu’il manque une revue qui décrypte sans être trop technique le web sous l’angle de la conception. Il y a une multitude de sujets à traiter : web design, ergonomie, promotion, développement, contenu, etc…
“meurt” est effectivement mieux…
Pour le reste, les “papier” et “tv” obsolètes me font doucement marrer. Comme le dit Arnaud, lire son 24 pouces aux WC, pas simple…
Et rappelez vous, la TV devait tuer la presse. Qu’est ce qui marche le mieux aujourd’hui ? les canards de télé ! (plusieurs millions d’exemplaires par semaine).
Après, je pense qu’on peut faire des bons mag’ papier consacrés au Web et à Internet. Et je partage tout à fait l’analyse d’Arnaud : un canard sans intérêt crève, point.
Reste à trouver le bon créneau pour faire un canard parlant du Web qui attire les lecteurs. Faut y réfléchir…
Pour Temps, les “anciennes technologies”, ça a parfois du bon, savez-vous ? l’électricité, ça a plus de 100 ans. Sans elle, on serait un peu dans la m… pour naviguer, non ? De même, un tournevis ou un marteau, ça a toujours son utilité.
Et un “petit” détail que vous semblez oublier : 53% des foyers français sont connectés à Internet, donc 47% n’y sont pas. On en fait quoi ? On les tue ?
Ah, et je suis peut-être un “nostalgique” : je préfèrerai toujours un journal papier écrit en bon français (ce qui n’est pas toujours le cas malheureusement) à la bouillie pour chats qui tient lieu de langage sur bon nombre de sites ou blogs…
Je suis d’accord avec Arnaud. Pour avoir acheté l’été dernier un numéro de Business 2.0 (certains d’entre-vous l’ont-ils lu ?), je peux vous confirmer que la ligne éditoriale était, à mon avis, bancale. Car Business 2.0 traitait des nouvelles façon de faire du business et des nouvelles technologie en général. Pour moi, difficile de traiter dans un même canard la meilleure façon d’utiliser les réseaux professionnels, les services Web en Ajax et les éoliennes dernière génération (j’invente, mais c’est l’impression qui m’est restée). Quand dans un magazine papier professionnel, on ne lit guère qu’1/4 des sujets, on n’y revient généralement pas.
Je persiste et signe, car les lieux cités, pour la première partie, ne sont peut-être pas les meilleurs endroits pour rester informé. Pour la deuxième partie, il ne sert à rien de ne pas reconnaître que nous sommes dans un monde à plusieurs vitesses, ne pas le reconnaitre n’aidera en rien à modifier cette situation. Une fois l’acte de reconnaissance des faits établie, j’ai du mal à imaginer que la presse papier reste dédié aux moins pourvues, car je pense que tous les système non-inter-actifs sont condamnés à plus ou moins long terme à disparaitre (T.V. comme support papier) sauf peut-être histoires flattant l’imaginaire. Une idée donnée est une idée de plus, et je pense que le simple rapport de faits va avoir de plus en plus de mal à se vendre sur des supports payants.
Le temps moyen accordé aujourd’hui est inférieur à une minute, je ne suis pas très doué puisque je tourne entre quatre et dix minutes sur mes vidéos mais à décharges la plupart sont des tutoriels. Oui c’est vrai que la machine à vapeur fut bien pratique, mais qui l’utilise pour aller travailler ? Pour info, une technologie est ancienne quand une plus utile l’a remplacée, je voudrais connaitre la technologie qui a remplacée l’électricitée ?
Je ne suis pas sûr que le parallèle avec l’électricité soit pertinent. L’électricité, c’est un ensemble de technologies déployées au cours de plus d’un siècle jusqu’à aujourd’hui. Et nous n’en sommes pas au bout car le nombre d’appareils électriques que nous possédons augmente. Côté innovation technologique, la recherche porte sur les moyens de produire de l’électricité, avec des énergies propres ou en tirant mieux parti des ressources (aux États-Unis, 60% de l’électricité consommée est produite par des centrales à charbon), ainsi que sur l’électricité sans fil.
Pour la presse, elle a déjà largement marqué le pas face à la radio puis à la télévision. Aucun de ces nouveaux médias ne l’a tuée, et Internet ne la tue pas non plus, mais c’est un nouveau média qui réclame sa part d’attention. Cela a forcément un impact, y compris sur la radio et la télévision. Cette dernière aurait d’ailleurs perdu quelques ressources publicitaires au profit du Net en 2007 (mais c’est une tendance qu’il va falloir confirmer sur les années à venir), et a déjà largement perdu de son pouvoir d’attraction chez les jeunes générations (on la regarde toujours beaucoup, mais moins qu’avant, car on passe beaucoup de temps en ligne).
Alors que l’on passe de trois médias à quatre, avec un quatrième média (Internet) qui est techniquement équivalent aux trois autres (texte, audio, vidéo) tout en rajoutant une dimension supplémentaire (interaction), il devient très important d’être présent sur plusieurs médias, et notamment sur un média classique + Internet. À moins de viser uniquement le Web, ce qui semble aujourd’hui plus jouable que de viser uniquement un média classique (ça reste à démontrer).
Enfin, le prochain grand défi pour la presse mais aussi pour l’édition sera la démocratisation du papier électronique. Il est encore tôt pour annoncer la forme qu’il prendra et le succès qu’il rencontrera, mais les prototypes de papier électronique souple et maniable (donc plus confortable que les Amazon Kindle et compagnie) sont prometteurs, et d’ici 15 ou 20 ans cela pourrait bien chambouler le monde de la presse et de l’édition. Wait and see.
Bien sûr qu’Internet a et continuera à avoir un impact. Maintenant, non, ça ne tuera pas la presse. Du moins si les groupes de presse ne se persuadent pas du contraire. Internet mérite sa part d’attention, bien sûr aussi : la preuve, on est là…
Quant à l’interactivité, je crois que certains se font des illusions : nombreux sont ceux qui n’en ont que foutre, du moins au quotidien. Regardez le nombre de personnes qui regardent “encore” un match de foot à la télé (pas loin de 10 millions sur le dernier, paraît-il). Et posez la question autour de vous (hors geek de préférence…) : vous voulez faire quoi, le soir ? Surfer interactif ou regarder la TV ?
Moi, je passe mes journées devant mon ordi, sur le Ouaibe. Devinez ce que je fais, le soir… J’ouvre un bouquin ou je regarde un DVD (quelquefois Arte, et encore…) mais je lâche ce PC !
Quant à l’info, tout est une question de traitement : le côté “monde à plusieurs vitesses” (j’aime ce genre de généralisations…) et “dédié aux non connectés” me laisse songeur. J’ai l’impression que ce sont justement ceux qui sont le plus “câblés” qui sont aussi les plus grands lecteurs. Et la quantité d’infos (ou non-infos) disponible sur le Ouaibe n’est pas forcément synonyme de qualité…
Sinon, cher Temps, ne faites-vous jamais de cuisine à la vapeur ? Vous devriez, c’est excellent…
Mais pourquoi ne répondre que sur l’électricité ? Pour le tournevis, il en existe aussi des électriques de nos jours. Et ça n’empêche pas les modèles manuels de très bien se vendre. Il doit y avoir une raison, non ?
Mais bon, il est clair que la presse “papier” a tout intérêt à se “réinventer”, ou tout du moins à se redynamiser et à réfléchir à la manière d’attirer un nouveau lectorat.
Mais, de grâce, évitons les affirmations péremptoires “la presse est morte” “on ne payera plus pour l’info” (pas plus que pour la musique, j’imagine…). Elles ne font pas avancer le débat.
Vous vous débrouillez très bien tous seuls pour converser mais je voudrais ajouter mon grain de sel
Lire le journal dans son bain ? Qui fait cela… Et on peut bien le faire, de toute façon, avec un e-book, pas besoin de papier pour cela.
Les pauvres Français non-connectés à l’Internet seraient privés de Business 2.0 (s’il vivait encore) dans le cas où il n’existerait pas de version papier ? Mais, ces non-internautes s’intéressent-ils vraiment aux sujets de ce magazine ?
Cela relève d’un débat “idéologique”, partisans du papier contre partisan du Web. Or, la réalité est plus complexe et les deux supports peuvent très bien co-exister.
Un peu comme le débat mer-montagne, chien-chat. On peut aimer la mer ET la montagne, les chiens ET les chats.
Un mauvais journal, papier ou web, ne trouvera pas de lecteur et disparaîtra.
Mais un bon journal papier ne peut aujourd’hui pas se priver d’une existence sur le Web. Voire, pourquoi pas, de jouer les pure player si c’est son choix.
Xavier, vous avez tout à fait raison, c’est du reste mon point de vue également, Ouaibe et papier sont complémentaires (je n’irai pas prendre un bain avec un engin électrique, en revanche, rappelez vous Claude François, brrr).
Cela dit, il faut que les bons journaux fassent également de bons sites, pour que ces derniers ne servent pas à rien. On en connaît malheureusement trop de cas.
Seule chose : plus que “bon” ou “mauvais”, je parlerai plutôt de support adapté à un public ou non. J’ai du mal à accoler “bon” avec la télé réalité par exemple (ou certains mags du même tonneau…) et pourtant ils cartonnent. Il faut donc croire qu’ils correspondent à une attente…
Quand j’écris “bon” je veux dire bien fait et correspondant aux centres d’intérêts du public visé.
Cela ne signifie pas qu’on est obligé d’adhérer à tout
Bonjour,
j’ai lu les messages avec un grand intérêt, pourtant je ne pense toujours pas que les journaux papiers et TV. ne durent encore bien longtemps en dehors des histoires flattant l’imaginaire, comme je l’ai déjà écris.
En d’autres termes, de plus en plus, des titres trompeurs se développent sur les anciens support, de plus en plus ces anciennes technologies disparaissent en fonction des tutoriels qui apparaissent sur la toile.
En exemple si une personne organise un système indépendant des groupes commerciaux et vous donne le choix d’envoyer votre enfant à l’école chaque matin munit soit du P.C à 200 grammes contenant tous les livre scolaires et découvertes ainsi que de nombreux outils de créations, ou d’envoyer votre enfant avec un cartable aux livres limités pesant entre 15 et 20 kilogrammes ?
En d’autres termes, nous sommes dans un monde aux ancienne croyance pour qui l’avancé sociale était d’avoir la télévision, Une chaine en noir et blanc fut mont rêve pendant de nombreuses années, mais ce n’est pas pour ça que je pense que nos enfant possède le même.
En d’autres termes, ce n’est qu’une histoire de temps, le temps que la croyance soit remplacée par la réalité.
Nous trouverons toujours des nostalgiques, mais l’exception n’est pas la règle.
Cordialement