L’émotion, un levier pour manipuler l’information ?
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Dans l’éditorial du dernier numéro des Etudes (septembre 2008), Patrick Verspieren se penche sur le cas de Chantal Sébire pour aborder l’utilisation de l’émotion dans la médiatisation.
Responsable du département d’éthique médicale du Centre Sèvres, à Paris, le père Verspieren est connupour avoir fait connaître les soins palliatifs en France.
A partir du cas dramatique de la jeune femme, il démonte la manière dont on peut utiliser l’émotion pour tordre la vérité et pour manipuler les foules. Sans pour autant aider les victimes, d’ailleurs :
” Tout cela montre la force, dans notre société hypermédiatisée, d’une histoire bien racontée, d’un récit qui rejoint chacun au coeur de ses peurs et de sa sensibilité à la souffrance d’autrui. De tout temps, d’ailleurs, cela a été un art que de conduire un récit qui captive l’auditeur.
On peut ainsi faire passer bien des messages ; les auteurs bibliques l’avaient déjà compris. Les conteurs des sociétés traditionnelles savaient transmettre, à travers leurs récits, des leçons de sagesse, fruits de l’expérience des générations passées. Les entreprises modernes s’en inspirent, à leur façon.
L’art de raconter des histoires - ou storytelling - est désormais au coeur des stratégies de communication. Pas de meilleur moyen pour vendre au public une marque, une opinion politique, une candidature.
Nous en connaissons de multiples exemples. Il s’agit de capter l’attention, d’émouvoir, de paraître avoir le souci du bien des personnes en souffrance et du sort des victimes. ”




Commentaires
La lecture du livre de Christian SALMON : “Storytelling, La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits” est très instructive…
Oui, il a même popularisé le mot.
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