Autour du plan Besson, France numérique 2012
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Ce matin j’ai assisté à l’Elysée à la présentation officielle du rapport France numérique 2012, plan de développement de l’économie numérique par son auteur, Eric Besson.
Vous pouvez voir le discours en ligne sur le site de l’Elysée et télécharger le rapport complet qui nous a été remis ce matin (format PDF, 883 ko).
Le lancement de ce rapport joue de malchance : reporté la semaine dernière, il était présenté ce matin par son auteur, Eric Besson qui remplaçait au pied levé Nicolas Sarkozy, retenu par les relations internationales.
La gestion de la crise avec les partenaires de la France est certainement importante, toute l’assistance l’a compris, mais l’absence symbolique du président de la République a déçu l’assistance. Le numérique passe après le reste.
Pourtant, le rapport Besson vise à accélérer le basculement du pays dans l’économie de la connaissance et à gagner des points de croissance comme le secrétaire d’Etat chargé du développement de l’économie numérique l’a expliqué en préambule.
Le grand intérêt du rapport est d’attaquer le problème sur tous les fronts : infrastructures, contenus, usages, Internet, télévision numérique, développement de la confiance et égalité d’accès au service (toujours proclamée mais jamais réalisée encore). Mais les 157 mesures (actions) du rapport ne se situent pas toutes au même niveau. De vraies avancées concrètes mêlées à des voeux pieux.
Pour la fibre et le télétravail allez plutôt vous installer en Suède
Le sursaut espéré, le basculement de technologie à même de favoriser l’entrée rapide de la société française dans le numérique n’est pas à l’ordre du jour.
Au lieu du « tout fibre pour tous », l’horizon indépassable de la « prestation d’accès universel à Internet haut débit, à compter du 1er janvier 2010″ est un débit « supérieur à 512 kbits, à un tarif abordable, inférieur à 35 €/mois) ! Comme annoncé dans un billet précédent d’Adverbe, le rapport confirme juste la volonté « d’alléger la règlementation de pose de fibre optique sur les supports aériens existants » (action N° 14).
Ce débit-là, tous les Ornais en disposeront déjà (plus même) au 31 décembre 2008. Je connais aussi des collectivités locales (le département de la Manche, les villes de Gonfreville l’Orcher ou de Pau ou la communauté de communes du Coeur de Maurienne qui vont fournir de la fibre à leurs administrés.
Enfin, en ce qui concerne le télétravail (actions N° 113 à 117 du rapport), quelques mesures cocnrètes (vanter le télétravail, création d’une rubrique « offres d’emploi télétravail » dans les offres de l’ANPE, cotoyent la nième création de commission. il s’agit de mettre « en place d’un groupe de travail national sous l’autorité du Premier ministre, chargé de la définition, du pilotage et de l’évaluation des actions de développement du télétravail ».
Comme l’écrit Marc, on ne dit pas si les membres de la commission télétravaillerons…




Commentaires
Bonsoir à Toutes et Tous,
Merci Xavier de ce compte rendu fort utile.
Priorité ? Oui certes mais que cela ne soit et ne reste qu’un outil au service des entreprises et de leurs clients !
Commençons par résoudre les problèmes de « non couverture » me semble une priorité : « toute entreprise doit avoir à disposition un accès ADSL pour à tout le moins effectuer ses obligations déclaratives et communiquer avec son environnement »
Je suis et reste fort optimiste sur le rayonnement de nos savoirs-faire technologiques et notre capacité à innover : un peu de « positivisme » ne pourra nous faire du mal.
Bien cordialement, au plaisir
PhLEV – C.O.S.I
Merci Xavier,
Pour cette synthèse.
Notre « capacité à innover » est toujours grevée par un système pyramidal qui bloque les innovateurs, à tous les niveaux, chez les fonctionnaires (et il y a des innovateurs!) comme dans les grands groupes (ceux qui ont le titre mais pas la compétence bloquent ceux qui ont la compétence mais pas le titre).
Je suis donc moins optimiste que Philippe Levesque. Je n’ai pas encore lu le rappport, sachant que j’y trouverai des propositions que des innovateurs proposaient déja en …1999!
Inclure les TIC dans les examens et concours, par exemple, est une mesure annoncée par Xavier Darcos en 20O9, soit presque 15 ans après l’arrivée d’Internet en France, alors que les circuits « Innovation » existent officiellement dans les académies.
Si on veut un véritable « rayonnement de l’innovation », il faut permettre aux innovateurs d’émerger malgré le système français qui contrairement à l’innovation dans le « garage » à l’americaine privilégie toujours le conservatisme versus l’innovation aux niveaux les plus décisonnaires, qui ont avant tout pour mission de conserver. Pourquoi : parce l’habitude de penser de la technocratie est que les idées ne peuvent émerger que du haut de la pyramide. Ce n’est donc que quand le haut de la pyramide a enfin compris les enjeux qu’elle consent à intégrer l’innovation, à la généraliser, parfois avec dix ans de retard et un manque de vision due en général à un défaut de veille et d’information.
Cette arrogance, cette impossibilité de raisonner « bottom up », ces barrages qu’il faut franchir pour les plus perseverants innovateurs (d’autres abandonnent), est un des facteurs les plus contraignants qui pèse lourdement sur « le rayonnement de notre savoir faire », si on compare avec d’autres pays où l’innovation a le droit de venir du « bas », d’étudiants ingénieux ou d’ingénieurs fonctionnaires éclairés.
J’aimerais être contredite et qu’on me cite des voies où l’innovation « par le bas » est entendue et non combattue…je en parle pas d’Oseo et de l’ANVAR, mais de nos rouages, de toute notre infrastructure de décision, publique ou privée.
Que d’erreurs dans les grands groupes automobiles, quel manque flagrant de vision, quel retard dans les moyens de transport innovants et bon marché… dont nous aurions besoin dans l’Orne, par exemple, et pourtant sûr qu’il y a dans ces groupes automobiles des innovateurs à tous les niveaux de la hiérarchie…mais qu’ils n’ont pas leur mot à dire.
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