Facebook a lancé cette année son projet Connect pour développer un système d’Open ID propriétaire. Les membres du réseau social pourront ainsi se connecter à des sites webs partenaires avec leurs identifiants Facebook.
C’est-à-dire que vous confierez à la plateforme sociale le soin de gérer une partie de votre identité numérique. Beaucoup moins anodin que le ciblage comportemental envisagé par Facebook pour afficher sa publicité, projet qui, déjà, avait horrifié la blogosphère.
Or, les internautes ont tout intérêt à ce que ce système d’authentification Open ID reste neutre. C’est un peu comme un Gix ou une chambre de compensation bancaire. Si l’un des membre tire la couverture à lui, le système ne fonctionne plus.
Le projet de Facebook est évidemment une tentative pour créer un standard. La course est entamée avec le Google Friend Connect et ses applications OpenSocial, ou avec Data Availability de My Space. Ce qui va aussi compliquer la vie des partenaires…
Ce n’est pas tant un problème technique qu’un problème de protection de son identité numérique, de neutralité de l’Internet et d’éthique comme le souligne Jean-Baptiste Soufron :
» Nous ne sommes donc pas face à une guerre entre des sites web sociaux qui essaient d’avoir le plus gros trafic possible. Nous sommes face à la guerre des nouveaux standards du web : qui contrôlera désormais les échanges de données personnelles entre internautes ? FBML, FOAF ou Open Social ? (…)
D’une certaine façon, ce qui se joue aujourd’hui, c’est un peu l’équivalent de ce qui se jouait entre AOL et Compuserve avant le croisement de TCP/IP et de HTML au tournant des années 90 : des formats de données concurrents essaient de se tailler un domaine réservé le plus vaste possible pour s’imposer comme standard universel.
A titre d’exemple, il était alors impossible à un utilisateur de AOL de se rendre sur un site Compuserve. (…)
On ne comprendrait plus aujourd’hui qu’un abonné Orange ne puisse pas envoyer d’email à un abonné Neuf Telecom. Il ne faut pas oublier que beaucoup de gens utilisent maintenant plus leurs messageries Facebook ou Myspace que leur logiciel ou leur boîte mail. «







