Dans son entretien à Cerveau&Psycho N°30, Axel Gryspeerdt, professeur de communication à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, analyse le rôle que joue la presse dans la propagation des rumeurs.
Pour lui, la technique est la même que celle du « marketing par le ragot », plus sobrement dénommé buzz marketing quand il est mis en oeuvre pour promouvoir une marque.
Il a constaté avec ses collègues, depuis quelques années, la progression dans les médias – y compris dans la presse « sérieuse » – d’un type d’écriture rumorale :
» C’est un style de communication médiatique qui se rapproche de la rumeur, qui ne cite pas toujours ses sources, qui utilise beaucoup le conditionnel, qui laisse place au « on dit » et à l’imagination du lecteur ».
Pour l’auteur, la cause de ce phénomène tient dans l’accélération de la vie des médias : les nouvelles doivent pouvoir sortir rapidement, même si on ne dispose pas de tous les éléments pour l’étayer.
La revue présente donc les 4 critères de définition de cette écriture rumorale selon Axel Gryspeerdt :
Masquage
Absence de source identifiée, formules floues et impersonnelles.
Exemple : « Selon des sources bien informées »
Incertitude et connivence
Peu d’affirmations, emploi fréquent du conditionnel, de modulateurs tels que « peut-être », « pourrait »… Ton de connivence avec le lecteur.
Exemple : « C’est une information que nous vous livrons en exclusivité »
Antériorité
Le journaliste cherche à donner des détails pour masquer la fragilité des propos. Il se réfère souvent à des précédents.
Exemple : « Déjà il y a quelques années, une affaire similaire… »
Ouverture
Le propos est délibérément incomplet, de façon à laisser le lecteur faire une partie des supputations.
Exemple : « On imagine alors quelles conséquences… » ou « Gageons que l’avenir nous réservera des surprises…« .








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