Le plan média d’Alain Juppé ne fonctionne pas dans le Web social

Alain Juppé est omniprésent dans les médias depuis quelques jours. Les hasards des enregistrements-diffusions le dotent même d’un don d’ubiquité puisque samedi on pouvait l’entendre aux Grosses têtes sur RTL et le voir, presque au même moment, chez F.O.G. sur France 5. Le dimanche matin on pouvait aussi le croiser au petit-déjeûner chez Thé ou café.

Le prétexte à cette campagne de communication est, comme souvent, un livre. Une exposition dans les médias qui semble bien dépasser le simple intérêt journalistique pour une actualité éditoriale. Même pour celle d’un ancien Premier Ministre.

Je ne mangerai plus de cerises en hiver présente un Juppé plus humain (et même assez drôle), moins technocrate et repeint en vert (il circule à vélo dans Bordeaux, la preuve).

L’ancien Premier Ministre se dit, à cette occasion, peu enclin à la contemplation. Et il prouve son goût pour l’action : en dehors de sa sympathique présence dans tous les studios, il ne chôme pas. Il ajoute aussi son grain de sel à l’actualité, comme la semaine dernière en réaction aux propos du pape sur le préservatif ou à la journée de grève.

Pourquoi je vous parle subitement de la vie politique française ? Parce que l’irruption d’Alain Juppé dans les médias me paraît révélateur du décalage entre l’actualité « fabriquée » par les médias et celle reflétée par le Web social.

D’un côté la vie vue au travers du prisme de la presse (qui s’inscrit dans le petit jeu du pouvoir). De l’autre, la vie des gens reflétée par la blogosphère et le web social. Aucune idéologie pro-Web dans mon propos mais un constat.

Alain Juppé est partout dans la presse traditionnelle mais peu présent dans la blogosphère ni sur Twitter (hormis quelques réactions à propos du Pape ou de la grève). Il a bien fait une irruption dans le Web social, le 5 mars, mais c’était à cause des menaces de mort à son encontre, partagées avec d’autres personnalités.

Le marketing politique obéit aux mêmes règles que le marketing ordinaire.  Et les mass-médias ou la publicité de masse ne suffisent plus à imposer un produit sur un marché. Pardon pour la comparaison mais cela s’applique aussi bien pour le lancement d’un nouveau yaourt que pour la remise sur le marché d’un ancien Premier Ministre.

Cela signifie-t-il, cyniquement, qu’un bon « plan médias » pour un politique (ou pour un yaourt) devrait intégrer le Web social et participatif ainsi qu’une une gestion de sa e-réputation ? Certainement puisque, dans le cas présent, le livre suscite peu d’échos dans le Web de la vraie vie.

Mais cela signifie surtout que si Alain Juppé a autant changé qu’il le prétend, il ne pourra plus se contenter des médias traditionnels pour le prétendre : il devra en administrer la preuve par l’échange et par le dialogue et prouver l’authenticité de sa démarche.

En bref, devenir un authentique « homme digital ». C’est assez prenant mais c’est la seule voie possible, qui réussit assez bien à un autre ancien ministre UMP, Alain Lambert, si j’en juge par le travail de l’Hérétique.

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2 commentaires sur cet article

  1. fournier
    commentaire publié le 23 mars 2009 à 14:07

    bonjour

    effectivement mais nous devons aussi constater que les blogueurs maitrisent pas vraiment leurs réponses sur les blogs de nos élus politique..trop souvent des défouloirs que d argumenter des non adhésions

  2. Xavier de Mazenod
    commentaire publié le 23 mars 2009 à 15:14

    C’est vrai que les commentaires politiques sont très souvent claniques, partisans et peu constructifs.

    Mais dans le cas d’Alain Juppé il n’y a même pas de billets sur les blogs.

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