webleads-tracker

Depuis 10 ans nous avons vu le Web évoluer, passer d’une structure statique à une organisation dynamique.

A ses débuts, il reproduisait le schéma de communication verticale, descendante (one to many), en usage dans la communication traditionnelle. Dans cette organisation, le pouvoir appartenait aux éditeurs. Le challenge pour les émetteurs était de créer un site web de référence avec le plus gros stock possible de contenu.

On empilait l’information et les moteurs de recherche aidaient les éditeurs à attirer leurs lecteurs.

Petit à petit, grâce aux blogs qui vulgarisaient et simplifiaient la production de contenu en ligne, les lecteurs sont aussi devenus des éditeurs. Ils héritaient une parcelle du pouvoir d’orienter l’attention.

Plusieurs fonctions natives des blogs (commentaires, permaliens qui favorisent la publication de liens et de rétroliens) encourageaient la mise en réseau spontanée des blogueurs. Chacun chez soi mais relié aux autres.

L’arrivée des réseaux sociaux a accéléré cette évolution vers un Web dynamique dans lequel les acteurs engagent des conversations plutôt que de rester assis sur leur tas de contenu pour attendre le chaland.

Avec ce phénomène, le pouvoir se fragmente et passe dans les mains de ceux qui ont la capacité de retenir l’attention des lecteurs. Or, cette ressource est rare : nous de disposons que de 24h dans une journée avec quelques heures ou quelques minutes à partager entre des millions d’émetteurs.

Comme l’explique la sociologue Danah Boyd dans une passionnante conférence donnée en novembre 2009 à la Web 2.0 Expo (voir la recension « augmentée » d’Hubert Guillaud), :

« Nous donnons du pouvoir aux gens quand nous leur accordons notre attention et les gens gagnent du pouvoir quand ils font le pont entre des mondes différents et déterminent quelles informations seront reversées dans les réseaux ».

Le droit au silence ?

La contrepartie de cette entrée dans un monde de flux c’est l’instantanéité. Dans un long article cité par Hubert, le créateur de Twine, Nova Spivack, insiste sur ce pouvoir de l’attention :

« Le flux est un monde où les empans d’attention sont toujours plus réduits, un monde de sensation virales en ligne, de célébrité instantanées, de tendances subites, d’intense volatilité. C’est aussi un monde de conversations et de pensées à très court terme ».

Dans les débuts du Web, nous accédions grâce aux moteurs de recherche à des texte publiés dans un passé plus ou moins récent. Dans le monde de flux des médias sociaux, nous vivons dans le présent note Spivack, dans l’instantané.

Une instantanéité qui ne favorise pas la qualité. Danah Boyd fait même le parallèle avec l’alimentation :

« Si nous n’y prenons pas garde, nous allons développer l’équivalent psychologique de l’obésité. Nous allons nous mettre à consommer les contenus qui sont le moins bénéfiques à nous-mêmes ou à la société dans son ensemble ».

Alors que faire ? Refuser d’entrer dans ce monde de flux  qui nous laminerait vers le bas?

Non car le bénéfice d’une participation à ces flux est immense : créativité, innovation, veille, formation, relations, fidélisation… A condition de maîtriser son engagement et de ne pas le subir.

En attendant les outils miracle qui filtreront ces flux pour nous, nous avons plus à gagner à participer à cette vie sociale qu’à l’ignorer. Au moins pour notre activité professionnelle.

Sinon, pour le reste, il est toujours possible de faire valoir son droit au silence.

FacebookLinkedInTwitter

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer