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La curation et le curator pourraient bien être à les termes de l’année, comme le community management l’a été en 2010 ou la e-réputation en 2009.

Nous en sommes encore aux balbutiements, à la recherche d’une traduction française euphonique plus adaptée que le sens anglophone de « conservateur » (dans l’acception de protecteur) et trahi par le faux ami juridique « curateur ». Mais l’importance de la fonction devrait lui faire dépasser le phénomène de mode.

Un digital curator est un aiguilleur qui analyse, trie et distribue l’information du Web en fonction des destinataires. Il n’est pas seulement un veilleur mais il peut en posséder les qualités et les méthodes pour être plus efficace.

Rien de neuf sous le soleil donc, le curator ne fait qu’appliquer le fameux cycle du renseignement : collecte de l’information, analyse et diffusion.

Valeur ajoutée de la curation : tri et éditorialisation

Nous sommes tous plus ou moins des curators spontanés et nous faisons circuler de l’information en permanence sélectionnée en fonction des destinataires (à commencer par le « Tiens, regarde cette vidéo de chats qui dansent ! »).

Mais l’inflation de contenus produits dans le Web social nous place sous la menace de l’infobésité. Qu’est-ce qui a de l’importance, pour qui, comment, qui produit de l’information originale, quelle est la valeur ajoutée de tel ou tel article ?

Le travail du curator devrait prendre de plus en plus d’importance au fur et à mesure que le volume d’information augmente.

Sélectionner les sources et les contenus pertinents sur un sujet, les synthétiser et les éditorialiser est un travail à forte valeur ajoutée, à la frontière du journalisme, de la documentation, du knowledge management et de la veille.

Le curator peut-il être un robot ?

Bonne nouvelle annexe, les réseaux sociaux et le community management n’ont pas tué le contenu. Ils ont juste accéléré sa diffusion et changé les modes de prescription. Je lis tel article, je regarde telle vidéo parce qu’elle m’a été recommandée sur Facebook ou sur Twitter.

Mais à l’origine était le contenu. Le travail de curation consiste juste à sélectionner les articles utiles pour soi et pour son entourage.

Cette curation peut-elle être confiée à des plateformes, des outils ou des robots dont les algorythmes trient pour nous ?

Des initiatives intéressantes comme paper.li (qui agrège des contenus issus de Twitter et de Facebook) ou The Twitter Time.es (idem avec Twitter comme source) proposent de créer automatiquement des journaux en lignes en fonction de mes centres d’intérêt détectés par mes abonnements ou par mes publications.

La solution française Scoop.it est plus sophistiquée car elle permet facilement d’ajouter ses propres sources (flux RSS) ou ses propres articles à la sélection (voir notre « scoopit » sur le télétravail et le coworking). Un peu d’humanité dans ce monde de robots… Quand a Pearltrees, il reprend le concept des cartes heuristiques pour vous permettre de créer des dossiers thématiques multimédias organisés sous forme arborescente très graphique.

A quoi le curator est-il utile en entreprise ?

La bonne information diffusée à la bonne personne au bon moment vaut de l’or. Tout le monde le sait, même ceux qui bradent la valeur du contenu.

Connaître les circuits de l’information dans et hors de l’entreprise, savoir publier au bon endroit une information, savoir détecter des sources utiles et éditorialiser leur contenu pour le diffuser à où il sera utile impose la maîtrise de plusieurs métiers (voir plus haut).

C’est une richesse pour une entreprise. A condition qu’elle ait développé une culture du partage d’information et non une rétention d’information vue comme outil de pouvoir.

C’est pour cette raison que la curator pourrait bien être le chaînon manquant de l’entreprise 2.0, en complément du community manager. Celui qui réconciliera les producteurs de contenus et les animateurs de communautés.

Enfin : Content and Context are kings ! Du contenu, du lien et de l’animation.

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