C’est fait, nous sommes arrivés à San Francisco avec le Blogger Bus Tour. On n’a pas encore vu le bus mais on a passé la 1ère journée au nouveau siège d’Orange Silicon Valley (ex-Orange labs) reconverti dans la veille marketing afin « de s’assurer que nos managers prennent leurs décisions en étant bien informés » comme l’expliquait le directeur général, Georges Nahon, dans sa présentation inaugurale.

Soixante personnes travaillent dans ces bureaux, dont une partie dans l’incubation de projets innovants de l’opérateur.

Parmi tous les événements de la journée (dont une promenade en ville et la vue depuis les bureaux d’Orange sur l’Oakland Bay Bridge), c’est ce keynote que je retiens de ce lundi. Une présentation sur la rupture dans le monde des TIC à laquelle on assiste dans la Bay Area, avec son cortègge de restructurations, de flops et les choix stratégiques à ne pas rater.

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Une chose est certaine, on innove toujours dans la Silicon Valley, contrairement à une rumeur en France. Cela a été le coeur de la démonstrationn de Georges. Il s’est bien gardé d’avancer des pronostics ou des prévisions et a d’ailleurs citté le stratège allemand Moltke : « Les plans ne résistent pas au contact avec l’ennemi »

Panique chez les dinosaures

Mais la  » Bay  » n’est pas encore enterrée et reste plus que jamais un terroir de startups. Elle recueille 46% des 3,2 Md $ d’investissement dans les technologies aux Etats-Unis. La 2nde région, la Nouvellle-Angleterre ne recueille « que » 843 millions $, soit 12%. Et les 5 premières compagnies américaines sont nées ou sont localisées dans la Bay area : Apple, Cisco, Oracle, Google, Intel.

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Mais les temps sont durs pour les « dinosaures » bousculés par les « birds », ces innovateurs qui poussent partout à San Francisco et plus au Sud dans la Silicon Valley. Après 244 ans Encyclopedia Britannica arrête son édition papier et les revenus de la presse américaine se sont effondrés en 2011. Nitendo s’efface au profit de Zynga (Angry birds) qui n’a pas choisi la stratégie des consoles. Nokia a licencié plus de 10 000 personnes (et a perdu 50% de sa capitalisation) tout comme RIM. En, 2012 la consommation de films en ligne dépasse celle de films physiques aux Etats-Unis.

Des changements qui ébranlent les dinosaures beaucoup plus fragiles qu’on peut le penser : Facebook a perdu  55% de sa valeur, Zynga 76% et Groupon 74%.

Devant ces bouleversements, l’establishment panique. Les géants achètent des entreprises en guise de R§D (voir à ce propos, en ligne, l’étude d’Orange SV, Who’s hiring who) et leurs salariés les quittent pour créer leur propre entreprise (les buzz word du moment sont acqu-hire et pivot the business).

Vive la révolution sociale (et mobile) !

Dans le même temps, Apple, Amazon and FB se mènent une guerre pour régner sur leur Webs privés à base d’applications mobiles. Avec des caractéristiques communes (temps réel, absence de sites et web fragmenté). Ces Apps tuent le Web et l’on observe depuis 4 ans une baisse régulière du trafic sur les sites (voir The Web is dead, un hors-série de Wired).

Quand je pense à la compréhension des enjeux du numérique au travail par beaucoup de dirigeants d’entreprises en France, il y a du souci à se faire.

Que va-t-il sortir de ces changements ? Personne ne le sait encore mais on voit se dessiner les tendances fortes et les enjeux autour du trafic de données du Big data (Amazon est déjà l’un des deux plus importants acteurs du Cloud), de la mobilité et de la socialisation.

Une évolution qui risque de prendre de vitesse Facebook et Google qui pourraient bien se faire « yahooiser » d’ici 3 ans prédit Georges Nahon.

Cela se passe comme cela dans l’Ouest : on trouve forcément un jour un cowboy qui tire plus vite que vous.

 

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