L’Obergo vient de publier la 5e édition de son observatoire (téléchargeable, PDF). Il y dénombre 2% de télétravailleurs en France et qualifie « d’esbrouffe » le chiffre officiel de 16%. L’absence de méthodologie de l’étude et son agressivité nous ont interpellé avec deux sujets chers à Adverbe : l’information et le télétravail.

La Grande vague de Kanagawa

Quelle valeur ajoutée pour la presse ?

L’Obergo comptabilise les télétravailleurs officiels et les chiffre à 2% des salariés. En mettant en avant sa rupture forte avec le chiffre  » officiel » de 16,7 % que nous avons publié sur Zevillage en 2012 et qui ont été repris par le rapport Mettling sur la transformation numérique.

Le communiqué de presse d’Obergo a été repris par l’AFP puis copié-collé dans plusieurs journaux, sans valeur ajoutée ni regard critique (20 minutes, L’express, Normandinamik, Le Figaro, et une dizaine d’autres titres). Le phénomène de propagation de cette information est bien expliqué par notre partenaire Visionary Marketing ce matin dans un article critique. Un succès qui se résume à un message simple et une posture anti-vérité officielle, le fameux mythe X file. Au passage, publier des dépêches AFP est-il l’avenir indépassable de la presse ?

Malgré l’absence de méthodologie de l’étude, on peut supposer que les additions de l’Obergo soient correctes. L’observatoire a recensé les chiffres de télétravailleurs légaux déclarés par les entreprises. Mais cette vision restrictive passe à côté du phénomène du travail mobile et distant qui est selon nous ou selon BVA dix fois supérieur au chiffre des télétravailleurs légaux.

Plus intéressant que la querelle de chiffres, la différence de chiffrage révèle deux visions d’un même phénomène. D’un côté une vision doloriste et rétractée du travail bien observée par notre partenaire Visionary Marketing. De l’autre une vision dynamique et positive du travail qui tend à optimiser le rapport vie privée-vie professionnelle et à accroître la qualité de vie au travail.

La vague télétravail, et après ?

Dans le monde qui vient, le salariat et le CDI ne sont plus les seules formes de travail. Et le bureau ou les horaires fixes de bureau ne sont plus le seul cadre de travail. Le futur du travail n’est pas forcément rose mais il n’est certainement pas noir comme tente de le définir le projet Digiwork.

Réduire ce phénomène, cette mutation, cette vague qui vient à son aspect réducteur légal est un très mauvais signal déresponsabilisant envoyé aux entreprises :  » Occupez-vous d’encadrer le télétravail et surtout ne réfléchissez pas à préparer votre entreprise de demain« .

Le télétravail est normé, encadré, légalisé, droitdutravailsé. Ce n’est plus vraiment un sujet, sauf pour les organisation qui veulent encore formaliser leur démarche. Le vrai sujet c’est : Et après ?

(Photo : Wikipedia)

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