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Les politiques de développement de la ruralité échouent car elles s’appuient sur les mauvais leviers et se trompent de cibles. Pour sauver la ruralité, la solution serait de s’engager dans le numérique, de miser massivement sur la formation et sur la création d’entreprises. Nous avons, chez Adverbe, entrepris de prototyper cette démarche dans un Worklab rural puis d’essaimer en France.

L’aménagement du territoire a échoué et 20 % de la France est même complètement à l’écart de tout développement, ce que les technocrates appellent « l’hyper-ruralité » : éloignement des services du quotidien et des métropoles, plus faibles revenus que la moyenne du pays, population âgée, manque de perspectives.

L’échec de l’action publique

Pourquoi cet échec ? Parce que les acteurs de développement habituels, publics ou para-publics, emploient des méthodes qui ne sont pas adaptées. Leurs recettes et leur gouvernance sont démodées et leur habitude de distribuer de l’argent public pour créer des emplois ne sert à rien, sauf à enrichir les circuits d’intermédiation et le marché politique.

Plus grave encore, ces acteurs passent complètement à côté de l’enjeu du numérique. Ils n’ont absolument aucune idée du bouleversement sociétal qui se cache derrière l’effervescence technologique. Et quand ils en sont conscients, cela se traduit la plupart du temps par des solutions cosmétiques. Surfer de mode en mode (coworking, fablab, incubateurs, accélérateurs, Internet des objets…), tenter de se donner une coloration techno grâce à un label FrenchTech ou décréter son petit clône de Silicon Valley. Mais ces projets pilotés par le public ne créent pas durablement de richesse et ne créent pas d’emplois.

Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Regardez la récente présentation d’Oussama Ammar sur la Rupture numérique, l’un des fondateurs de TheFamily, société d’investissement et accélérateur de startups. Et regardez surtout la 2e vidéo de questions-réponses (ci-dessous). Si vous êtes pressés regardez juste l’échange à partir de 19’52 ». Tout est là. Et quand j’ai découvert sa vision, je me suis dit que c’était rare de se trouver autant « aligné » avec quelqu’un.

Dans l’actualité je trouve encore 2 illustrations de cette démarche. Un territoire breton qui pense attirer durablement des entreprises avec une carotte financière et la région Normandie qui fonde sa « nouvelle» stratégie de développement en créant un gros guichet de distribution d’argent public.

A leur décharge, ils trouveront toujours des entreprises mercenaires qui se précipiteront sur ces effets d’aubaine. Ecoutez Oussama Ammar : «  Le mode d’action publique encourage les entrepreneurs à ne pas faire leur métier. Il les empêche de se confronter très tôt à leur marché. Les entrepreneurs sont les premiers responsables de cette situation en allant chercher cette héroïne pour pas cher. Quand on donne de la drogue gratuite, et qu’elle est bonne, les gens consomment. Mais ils se réveillent le matin avec un mal de tête. »

Et l’on touche même à l’absurde (ou au scandaleux ?) quand certains organismes publics ou consulaires deviennent opérateurs économiques… en concurrence avec leurs propres ressortissants.

Pour en sortir, hackons la ruralité

Il faudrait être humble et comprendre que le développement n’est jamais le fait du secteur public. Il ressort de l’activité des entrepreneurs qui, s’ils se développent, créent de l’emploi.

L’action publique devrait se limiter aux infrastructures et à la communication-marketing pour valoriser ses acteurs et son territoire. Pas faire à la place des entrepreneurs, pas les arroser d’argent inutile. Les aménageurs publics de bonne volonté devraient faire leur la devise des médecins : Primum non nocere, d’abord ne pas faire de mal.

Pour sauver les territoires ruraux nous devons donc agir nous-mêmes. Nous avons besoin de sortir du cadre imposé, du monopole public du développement et de nous appuyer sur le numérique. Nous avons besoins de « hacker la ruralité ».

Rejoignez le Worklab rural

Le numérique n’impose plus d’être installé dans les grands centres urbains pour travailler. On peut créer une entreprise n’importe où dans le monde, plus aucun territoire n’est éloigné des centres. Et l’on peut se former depuis n’importe où pour comprendre et affronter cette vague numérique. Pour éviter que la fracture territoriale ne se double d’une fracture numérique.

 » La déformation de la chaîne de valeur au profit des entreprises numériques conduit donc à une nouvelle géographie de la richesse  » écrit Nicolas Colin – cofondateur de TheFamily avec Oussama Ammar – dans La transition numérique au coeur des territoires. Une opportunité pour les territoires ruraux.

Nous sommes donc engagés, chez Adverbe, dans la création d’un Worklab rural, un prototype de tiers-lieux (incarné dans l’Ecloserie numérique) pour accompagner la création d’entreprises et développer du lien social autour du numérique, en pleine campagne. Son originalité tient dans quelques principes:

  • frugalité (l’argent non dépensé n’a pas à être gagné)
  • lien avec le monde économique et avec les acteurs locaux du numérique (pas de silos, jouer collectif)
  • autant que possible, pas d’argent public (hors infrastructure ou amorçage).

A partir de cette expérimentation, du test des différents modèles économiques pour ce lieu, nous voulons aider les porteurs de projets ruraux à affronter la fracture numérique.

Dans ce cadre, nous avons par exemple lancé l’an dernier une formation de codeurs de 6 mois pour des demandeurs d’emploi et nous venons de lancer avec Zevillage un MOOC sur le travail flexible. Beaucoup d’autres chantiers sont ouverts autour d’un espace de coworking et d’un fablab.

Si vous aussi vous avez envie de faire bouger les campagnes, rejoignez-nous, manifestez-vous et hackons ensemble la ruralité !

(Photo : Jacme31)

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