La définition du télétravail

A quelques jours d’écart, j’ai eu deux conversation avec des dirigeants d’entreprise sur la définition du télétravail.

A chaque fois on a tourné autour du pot sans aller à l’essentiel : quand le mettent-ils en oeuvre dans leur société ? Un travers bien français peut-être : comment ergoter sur la sémantique pour éviter de parler des choses qui fâchent… Difficile d’aller au fond des choses.

Je suis toujours surpris du manque de connaissance du sujet chez la plupart des managers que je rencontre. Ils ont du mal à dépasser les idées reçues, refuge pratique pour évacuer le problème.

Essayer le travail à domicile

Certes ils ne le condamnent pas vraiment. Mais, en réalité, ils ne lui voient que des défauts : le télétravail isole, le télétravail casse les équipes, il complique la communication. Quand il n’est pas tout simplement la voie privilégiée vers la glandouille des salariés.

Comment changer cette situation ?

Parler et encore parler des bénéfices du télétravail plutôt que de chipoter sur sa définition (même si il est utile de la préciser). Et demander aux 30 % de salariés qui se disent favorables au télétravail de se manifester auprès de leurs dirigeants.

Devenez les ambassadeurs du télétravail dans votre entreprise, ou du travail à domicile ou du travail à distance. Quelque soit la définition, essayez-le.

Publié dans Travail collaboratif, télétravail, travail 2.0 | Laisser un commentaire

Octobre noir : l’analyse de la blogosphère syndicale a prédit la radicalisation de la rue

Après l’analyse de la réforme des retraites sur Twitter, Doxoweb (une offre conjointe d’Adverbe et d’Inférences) publie la seconde partie de l’étude : la contestation de la réforme des retraites vue par la blogosphère syndicale. Continuer la lecture

Publié dans E-réputation, Information, pouvoir, communication, Téléchargements, Tête d'affiche | Marqué avec , , , | Un commentaire

Ecrire pour le Web c’est du lien, du lien et encore du lien

L’article de Marc Mentré Ecrire pour le Web : « C’est la structure, imbécile » renouvelle le débat à propos de la rédaction sur l’Internet. Avec l’avantage de présenter d’autres théories que celle de l’écriture journalistique et d’introduire de la complexité dans le sujet.

Il s’appuie sur les travaux – voir les sources dans son article – de Maria Laura Martinez, professeur et chercheur à l’École de Communications et d’Arts de l’Université de São Paulo, au Brésil et de João Canavilhas, enseignant au Département Media et Arts de l’Université de Beira Interior, au Portugal.

Rédiger pour le Web c’est structurer

Que l’on adhère à ces théories ou pas, elles mettent en évidence l’importance, la prééminence même, de plusieurs éléments pour bien rédiger Web :

  • la structure du texte
  • la gestion des liens
  • l’interactivité.
La structure en roue de Roger Black

La structure en roue de Roger Black

Comme le souligne Marc Mentré, les recettes simplistes adaptées de l’écriture journalistique, plus ou moins enrichies des travaux pionniers de Jakob Nielsen (ah, ses fameuses statistiques 79 %-16 % des internautes balayeurs-lecteurs mot-à-mot !), ne suffisent plus à webiser un texte.

Elles ne sont pas fausses mais elles ne suffisent plus. Si on veut offrir des textes riches à ses lecteurs, on ne peut plus se contenter de la pyramide inversée, de concision et de quelques liens. Même si un texte sur le Web exige un chapeau-résumé (lead), un style facile à lire et des échanges avec d’autres sites puisque le lien hypertexte est consubstantiel au Web.

La rédaction Web c’est de l’hypertexte dans le texte

Le plan de l’article Web doit permettre au lecteur de naviguer dans la complexité pour atteindre le but défini par João Canavilhas cité par Marc Mentré : «  la mise en œuvre d’une construction ouverte pour l’écriture de l’information permettant de naviguer en ligne sans aucune restriction ».

La question qui vient immédiatement à l’esprit à propos de structures complexes de contenus non linéaires est comment ne pas perdre son lecteur dans un labyrinthe.

J’avais suivi en 1995-1996 les tentatives de Pierre de la Coste dans son association Mélusine pour réaliser des livres hypertextuels, « l’écriture hypertexte » comme il l’avait baptisée. Plus qu’une somme de liens organisés « en rateau » pour relier des pages entre elles, ce travail testait des pistes innovantes pour structurer du contenu en ligne. Il n’avait pas résolu ce risque de perte du fil du discours mais c’était moins gênant pour lui car il s’attelait à des ouvrages littéraires et poétiques.

Marc Mentré donne quelques solutions pour gérer la complexité des structures hypertextuelles. Celle de Carole Rich qui n’est plus adaptée, l’effet champagne de Mario Garcia, les modèles de Ramon Salaverria ou la pyramide couchée.

Les liens c’est bon pour le référencement de son site web

La roue magique de Google

La roue magique de Google

Mais la structure qui correspond peut-être le mieux aux exigences du Web tout en offrant le plus d’ouverture au lecteur est la Black’s Wheel de Roger Black qui rappelle étrangement la Roue magique de Google (télécharger The “Black’s Wheel”: a technique to develop hypermedia narratives, PDF, 3,9 Mo)

Cette structure met en valeur les liens internes au site web, ce qui améliore le référencement des pages dans les moteurs de recherche, c’est bien connu. Elle favorise l’acquisition de lecteurs selon le principe de la longue traîne dans le référencement.

Enfin, l’usage intensif du lien hypertexte favorise les échanges et l’interactivité de son site Web. Les blogs ont généralisé cette logique de l’échange, ont créé des conversations. Les réseaux sociaux accélèrent la circulation de l’information… et des liens. Ils facilitent la recommandation des trouvailles à ses « amis » sur Facebook ou à ses « followers » sur Twitter.

Pratique et profitable, l’usage des liens sur le Web est beaucoup plus qu’un gadget pour le rédacteur web qui voudrait apporter des ressources complémentaires à son lecteur. Il est, vous l’aurez compris, l’élément fondamental de la structure d’un bon article sur le Web.

Nous développons toutes ces notions dans nos formations Ecrire pour le Web

Publié dans Ecrire pour le Web | Marqué avec , , , , | 6 commentaires

Réforme des retraites : Twitter soutient très majoritairement les syndicats !

Pour la première fois en France, Adverbe et le cabinet Inférences ont employé leur outil DoxoWeb pour analyser l’opinion de Twitter, sur un thème brûlant de l’actualité : la réforme des retraites. Continuer la lecture

Publié dans E-réputation, Information, pouvoir, communication, Réseaux sociaux, Téléchargements, Tête d'affiche | 2 commentaires

Construire des relations sociales solides sur Internet et dans la vraie vie

« Les gens qui ont des relations réussissent mieux que ceux qui n’en ont pas. »

C’est bien connu et Henri Kaufman et PPC l’explique dans sa dernière « vidéo du succès » avec PPC sur l’art de se faire des relations.

Du social networking sur l’Internet, dans les réseaux sociaux. Mais aussi dans la vraie vie.

Une démarche de fond, qui doit être authentique pour fidéliser ces nouveaux contacts. Dans l’esprit du dossier de Place des réseaux sur l’art de conserver ses relations.

Dans la vidéo, Henri Kaufman aborde 7 points :

1. Soignez aussi les relations réelles, à côté de vos relations virtuelles
2. Créez votre réseau avant d’en avoir besoin, commencez tôt
3. Utilisez une méthode simple et éprouvée pour constituer votre réseau
4. Invitez vos nouveaux amis dans votre restaurant favori
5. Pensez aussi aux liens faibles de votre réseau plus aidants
6. Profitez de chaque occasion pour augmenter votre carnet d’adresses
7. Conclusion : ne mangez jamais seul, même à la cantine.

Publié dans Réseaux sociaux | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Pierre-Edouard du Cray, le caillou dans la chaussure d’Eric Woerth

En préparant une étude à propos de la réforme des retraites, j’observe que les conversations sur le Web sont toujours aussi claniques. Et que les voix non conformes sont peu présentes en dehors du trio des positions gouvernement-organisations syndicales-PS.

A cette occasion, je constate que le gouvernement pèse peu en ligne dans ce débat. Et que le succès n’est pas au rendez-vous pour le compte Twitter (68 abonnés suivent la réforme) ni pour la page Facebook (1070 fans) de son site officiel sur les retraites.

Je découvre aussi que le véritable adversaire du ministre en charge de la réforme, Eric Woerth, n’est ni Edwy Plenel, ni la famille Bettencourt, ni aucune comptable ni même le contre-projet de Martine Aubry.

Son vrai cauchemar, moins médiatique que les précédents, se nommerait plutôt Pierre-Edouard du Cray, directeur des études de l’association Sauvegarde retraites, qui publie bombes sur bombes. La plus cruelle étant ce récent entretien dans le Point : Cette réforme ne résout rien.

On n’a pas fini de rigoler si en plus ce bazar ne sert à rien…

Publié dans Information, pouvoir, communication | Marqué avec , , , | Un commentaire

Comment convaincre votre DRH de passer au télétravail

Voici la présentation que j’utilise dans les formations pour sensibiliser les entreprises et les administrations au télétravail.

En marche vers l’Entreprise 2.0 ?

Publié dans Entreprise 2.0, Travail collaboratif, télétravail, travail 2.0 | Marqué avec | Laisser un commentaire

Réseau social RH à la Société générale : retour d’expérience

Un témoignage concret sur l’installation d’un réseau social dans une banque, pour les RH du groupe Société générale.

Publié dans Entreprise 2.0, Réseaux sociaux | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Formation « Le Web au service de l’export » en Algérie

Je donne cette semaine une formation à des responsables export en Algérie dans le cadre du programme Optimexport opéré par Ubifrance (ex-CFCE).

Au programme pour les 25 stagiaires : publication sur les blogs, écriture Web et promotion de leur activité dans les réseaux sociaux.

Merci à Marc Martinant, un ancien stagiaire doué pour son accueil chaleureux et aux stagiaires pour leur participation active.

Voir le blog des stagiaires.

Publié dans Chez Adverbe | Marqué avec , , | Un commentaire

Ecole mutuelle, barcamp et pédagogies collaboratives

Je viens de terminer le livre d’Anne Querrien, Ecole mutuelle, une pédagogie trop efficace. Une expérience très innovante. Deux siècle en arrière, les formes de transmission du savoir favorisées aujourd’hui par l’Internet étaient déjà inventées.

Ces écoles mutuelles ont été créées en France au tout début du XIXe siècle pour donner une réponse de masse rapide à la scolarisation des enfants pauvres. Leur apporter un savoir minimum (lire, écrire, compter) et sortir ces enfants de la rue.

L’objectif de ce mouvement s’inscrivait dans la lignée des frères des écoles chrétiennes d’une école pour tous. Mais la démarche était non confessionnelle et bien adaptée au milieu rural où les disciples de saint Jean de la Salle n’étaient pas structurés pour s’installer.

Le plus marquant dans l’expérience d’école mutuelle est sa pédagogie empirique très innovante.

Dans l’esprit de l’amalgame pratiqué dans les armées napoléoniennes, les élèves des écoles mutuelles s’enseignent les uns les autres. Ceux qui ont compris enseignent aux autres. La différence de niveaux est positivée et devient le moteur de ces écoles, plus un obstacle.

Une pédagogie innovante

Les élèves travaillent en petit groupes où lecture et écriture sont pratiquées en même temps et non plus successivement.

Contrairement aux autres écoles, les élèves n’ont pas de place fixe en classe mais des bureaux mobiles qui changent de configuration suivant les besoins et la recomposition des groupes.

L’usage de l’ardoise est banalisé et des tableaux noirs sont accrochés aux murs de la classe. Les enfants s’y déplacent en fonction des besoins de leur groupe.

Le maître anime ces groupes depuis son pupitre et n’est plus en charge de suivre individuellement ses élèves.

L’école mutuelle permettait donc de ne plus limiter le nombre d’élèves aux capacités du maître (environ 50). La limite pouvait monter jusqu’à… 500 ou même 800 élèves pour un enseignant. Le facteur limitant était donc l’architecture. Dans quels locaux rassembler 500 voire 800 élèves ?

L’école mutuelle, ancêtre du barcamp ?

On est frappé par les analogies entre l’école mutuelle et les formes de transmission collaborative du savoir comme le barcamp : organisation de l’espace fluide permettant un travail en groupes temporaires, aides pédagogiques décentralisées (plusieurs tableaux noirs, ardoises, ordinateurs aujourd’hui).

Des architectures de bureau que l’on n’expérimente en entreprise que depuis quelques années à peine.

Sur le plan de la pédagogie, la réussite de l’école mutuelle – et du barcamp – tient à l’apprentissage efficace des savoirs.

Mais aussi, comme l’écrit Isabelle Stengers dans la préface du livre,  » à un apprentissage qui, n’en transmettant pas le respect, transmet bien plutôt la confiance en soi et dans les autres, la capacité de poser des questions, de dire qu’on n’a pas compris et surtout de revendiquer le droit de comprendre ».

Comme dans un barcamp, l’école mutuelle échappe au « filtre des diplômes et des garanties académiques ».

Ce qui ne manque pas de déstabiliser le système ancien. Comme le souligne Isabelle Stengers, chacun « récupère son droit d’apprendre aux autres ce qu’il sait ou pense savoir ».

Comme lors de l’arrivée de l’imprimerie, l’ordre ancien a été bouleversé par l’école mutuelle.

Et c’est d’ailleurs ce qui a provoqué sa perte.

Après quelques années, les écoles mutuelles ont été supprimées car elles remettaient en cause les autorités, dont le clergé, principal acteur de l’enseignement, et l’école républicaine. Elle dépassait les objectifs qui lui avaient été assignés, c’est-à-dire sortir les enfants pauvres de la rue, leur donner un savoir minimum pour pouvoir les envoyer en apprentissage.

Comme l’écrit l’auteur, l’école mutuelle a été supprimée car elle marchait trop bien. Faut-il la remettre en service ?

Publié dans Travail collaboratif, télétravail, travail 2.0 | Marqué avec , , , , | 5 commentaires