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Archive pour la catégorie 'Information, pouvoir, communication'

Et la participation vint aux journalistes : nouveaux médias en ligne

20 fév2008

par Xavier de Mazenod

On peut se réjouir qu’en moins d’un an le paysage éditorial de la presse en ligne s’enrichisse d’expériences innovantes marquantes.

Innovantes car elle rompent avec une sorte de repli agressif de beaucoup de journalistes vis-à-vis du phénomène Web 2.0. Si l’on se penche sur ces récents titres pure player  les plus emblématiques, on peut constater qu’ils gèrent différemment l’interactivité et l’apport des contenus par les utilisateurs.

participation-rue89.jpgRue 89, fondé par des anciens de Libération dirigés par Pierre Haski, sollicite clairement les visiteurs qui peuvent collaborer au site ou envoyer des informations.

Leur statut est précisé à côté de leur nom  : “Zacharia Dosseur, enseignant en ZEP”, “Arnaud Lievin, journaliste” ou “Hubert Artus, Rue89″.

Je ne sais pas si l’équipe de Rue89 intervient sur les articles proposés à la publication. Mais, au final, on retrouve un mélange de papiers de la rédaction et d’auteurs extérieurs. Une sorte d’Agoravox professionnalisé, très ouvert.

Enfin, Rue89 offre une plateforme de blogs et publie peu de vidéos.

participation-lepost.jpg Le Post, filiale du Monde interactif, fait également la part belle aux articles extérieurs mais annonce clairement la distanciation vis-à-vis de chaque “invité”, “choisi par la rédaction du Post”.

Les billets sont classés par tags (plus des rubriques, d’ailleurs) et les auteurs peuvent se regrouper dans des communautés d’affinités, les “groupes”.

Pas mal de vidéo en ligne, pas de blogs (est-ce parce que le Monde dispose déjà d’une plateforme ?) mais beaucoup de fonctionnalités banalisées par les blogs pour encourager l’interactivité : affichage des derniers commentaires, des billets les plus lus, des “invités”, etc.

Arrêt sur images reprend le concept - et le jingle - de la célèbre émission de la Cinquième. Daniel Schneidermann explique dans une interview pour l’Atelier des médias de RFI que cette migration de la télévision vers l’Internet lui a apporté la liberté de format… et une chute de spectateurs de 1 million à 38 000 abonnés !

Mais, originalité, il s’agit de visiteurs payants. Il faut de l’argent pour faire travailler une rédaction de 6 personnes : 3 journalistes, 1 chef de projet, 1 webmestre et 1 réalisateur multimédia.

Selon Gilles Klein à qui nous avons posé la question (il a rejoint la rédaction en janvier), les internautes disposent de plusieurs éléments de participation : ils peuvent signaler des émissions à la rédaction par mail, ils réagissent aux forums et votent pour les contenus ou les commentaires qui peuvent ainsi acquérir le statut de “contenu d’utilité publique” et passer dans la partie gratuite du site. Petite particularité : le site ne dispose pas de fonction “commentaire” mais a gardé les forums qui rencontraient beaucoup de succès dans la version du site sur France 5.

Difficile de juger de la participation de l’abonné chez MediaPart qui n’ouvre dans sa version définitive que le 16 mars. On nous y promet beaucoup de Web 2.0 grâce au partenariat avec une “jeune agence internet”. Le titre est lui seul une promesse et il a d’ailleurs failli changer, une affaire qui a tourné à la polémique.
Dans le projet d’Edwy Plenel les abonnements sont eux aussi payants. Normal, l’ambition est grande : près de 30 journalistes ont rejoint la rédaction. François Bonnet, directeur éditorial de MediaPart, expliquait il y quelques jours sur Radio-classique que le projet garantirait son indépendance grâce à un capital de 3,6 M€ détenu à 60% par l’équipe. Une indépendance indispensable car MediaPart entend “relancer le journalisme d’investigation”.

participation-causeur.jpgEnfin, dernier né de cette vague, Causeur est plus une revue en ligne, un lieu de réflexion qu’un journal.

Créé par la turbulente journaliste Elisabeth Lévy (sa présentation dans Causeur : “Beaucoup la trouvent exaspérante. Comme disait l’autre, elle n’est pas méchante mais, putain, qu’est-ce qu’elle est chiante. Journaliste, grande gueule, structurellement en retard et à découvert.”), Causeur regroupe les potes d’Elisabeth.

Plutôt caustique et anticonformiste, le salon reflète l’humeur de la maîtresse de maison : Causeur “n’est ni citoyen, ni participatif, ni démocratique”. Il affecte même un peu de mépris pour la participation (et peut-être de l’incompréhension du concept de Web 2.0) :

“Nous ne nous ébaubirons pas devant vos commentaires – à moins qu’ils soient vraiment pertinents. Et ne seront publiés comme auteurs que ceux que nous jugerons à la hauteur (pour les commentaires, nous ferons une entorse à nos principes aristocratiques en les acceptant tous). Car autant l’avouer : nous ne croyons pas à l’égalité de tous devant les idées.”

Quoi qu’il en soit, Causeur sollicite quand même la participation de ses lecteurs.

3 commentaires » Information, pouvoir, communication


Des journalistes pris la main dans la confiture

5 fév2008

par Xavier de Mazenod

C’est toujours amusant, évidemment, de voir des autorités morales succomber aux turpitudes qu’elles dénoncent !

On se souvient de la vidéo de Jean-Marie Cavada dévoilée par le Point : le media training opportun du ministre de la Communication par l’animateur de télévision, quelques mois avant d’être nommé président de la Cinquième par le même ministre. Société de connivence.

Gilles nous décortique aujourd’hui les courts-circuits dont Jean-Pierre Elkabbach sait faire usage. Vous ne voudriez quand même pas qu’il réponde bêtement dans les commentaires comme tout le monde ?
http://www.wikio.fr

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Le vrai pouvoir d’influence du Web 2.0

18 jan2008

par Xavier de Mazenod

François-Bernard Huyghe choisit un angle très intéressant pour parler du web 2.0 : l’influence 2.0.

Après avoir rappelé les différentes stratégies d’influence sur l’Internet (effet “David contre Goliath”, effet “souris à souris”…) et résumé la nébuleuse du Web 2., il tente d’en dégager quelques principes :

  • l’externalisation et hybridation des fonctions (avec son corollaire de simplification générale)
  • l’oeuvre collective
  • la production par les pairs
  • logique du renouvellement perpétuel du contenu.

Ces bouleversements entrainent des modifications de comportements qui changent la donne de l’influence sur le Net : tous médias, tous doubles, tous en tribu. Les stratégies traditionnelles d’influence ne fonctionnent donc plus. Et le pouvoir sur le Web se transforme :

“À certains égards, le vrai pouvoir devient celui de « faire le catalogue » et de créer des pôles d’attraction. Cela résulte notamment des systèmes d’indexation de l’information disponible (et notamment le fameux Google ranking qui ouvre la voie à des stratégies de manipulation des robots sémantiques, pour ne pas dire des stratégies du tricheur) mais aussi quelque chose de mystérieux qu’il faut bien appeler « l’art de diriger l’attention”.

Note : on peut compléter cette analyse par la synthèse, encore d’actualité, d’Internet actu et par la récente mise au point de Tim O’Reilly dans un slideshow.
On s’amusera des réserves de notre cher pape de l’ergonomie, Jakob Nielsen, dans son Web 2.0 can be dangerous (merci Sébastien), “Sur le web, la plupart des gens sont des crétins, indignes du moindre interêt”.

2 commentaires » Web 2.0, Information, pouvoir, communication


Bientôt un chat avec Al Qaeda ?

4 jan2008

par Xavier de Mazenod

Le cheikh Al Zawahiri nous inviterait, selon l’AFP, à un exercice de démocratie participative. Questionnez-le, il répondra.

A quand un chat sur le Journal du net ?

Plus sérieusement, cette concession médiatique serait-elle le signe d’une certaine “carence de l’action” ?

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Les otages de la guerre sémantique

25 nov2007

par Xavier de Mazenod

Otages ou pas otages les millions de Français privés de transports par 500 000 autres Français ?

A l’évidence oui, puisque les stratégie syndicales consistent à mettre la pression sur une partie de la population pour faire plier les politiques.

Cette évidence apparaît moins à Big bang blog où Judith conteste l’utilisation du mot otage. Au prétexte que que nous serions tous membres du même corps social et qu’un membre ne pourrait pas en prendre un autre en otage.

Je comprends que le mot gêne Judith dans sa vision idéologique du conflit. Et qu’elle tente donc de se battre sur le terrain sémantique. Otage ça fait tâche !

Tout comme “empêcher” (Des “otages” “empêchés” d’aller travailler), l’autre mot qu’elle conteste avec des guillemets :

” Il faut, décidément, faire attention aux mots. On entend beaucoup ces jours-ci les usagers se plaindre que les grévistes les « empêchent » d’aller travailler. Or, au sens strict, ils ne les empêchent pas. Ils cessent de les y aider.”

Sophisme, non ?

Judith a raison : les guerres se gagnent en agissant sur les représentations de l’adversaire. Et donc en commençant par “changer son code linguistique“.

Une précision pour les éventuels commentateurs : l’objet de ce billet est juste d’illustrer la notion de “pouvoir des mots”. Pas de commenter l’actualité sociale.

(vu chez Guim)

4 commentaires » Information, pouvoir, communication, Langue française


Casterman tue notre amie Martine

19 nov2007

par Xavier de Mazenod

martine-est-morte.jpgmartine-cest-fini.jpgLes éditions Casterman viennent d’obtenir hier la fermeture “amiable” du Martine cover generator que nous vantions il y a quelques jours. Je me demande pourquoi Deelight, son créateur s’est exécuté. Peur d’un procès ?

Casterman comprend-il quelque chose au web ? Imagine-t-il la publicité et le buzz gratuit que ce jeu a engendré pour son personnage ? Loin de casser l’image de l’héroïne, cette cyberfarce semble plutôt avoir servi sa bonne renommée. Et avoir extrait la série de la poussière.

J’avais même soupçonné l’éditeur d’être à l’origine de cette affaire de renaissance pour relancer la vente de ses albums (ne me dites pas que la fermeture est une nouvelle manip’ destinée à réactiver le buzz !) .

Et bien non, l’éditeur semble bien vivre au premier degré et dans l’ignorance du fonctionnement du Web. C’est donc parti pour un tour de buzz négatif.

Après Hasbro-Monopoly qui lance des jeux sans respecter ses propres règles, Casterman passe en 1ère place du concours de la viralité qui tue. Et que va-t-il faire maintenant ? Poursuivre tous les sites et les blogs qui diffusent ces couvertures réinterprêtées ? AttaquerFacebook où le jeu s’est diffusé ?

(lu chez Hubert)

5 commentaires » Information, pouvoir, communication, Usages du web


Le livre est mort, vive le livre

10 nov2007

par Xavier de Mazenod

Loiez a demandé son avis à Francis Pisani sur l’évolution des médias et du livre sous la pression de l’Internet.

Jolie vidéo, passionnante et propos loins des idées reçues.

Bonne nouvelle, les nouveaux médias ne tuent pas les anciens. Ils les poussent juste à évoluer.

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Pour moi aussi, mon réseau social c’est mon blog

23 oct2007

par Xavier de Mazenod

Pour continuer le débat à propos de Twitter, Facebook et autres réseaux sociaux très Web 2.0, il me semble que leur activité ne prend du sens que si elle repose sur de l’ajout de contenu “syndicable” grâce à un flux RSS.

Ce contenu c’est un peu le vaisseau amiral autour duquel tourne une flotille de petits services (MyBlogLog, Wikio, Fuzz, Wikio, Pownce ou Twitter…) qui mettent en valeur notre production.

Et, comme Eric, je trouve que mon blog fait très bien tout ce que font les réseaux sociaux. Avec mon blog je peux aussi :

  • ” créer, fédérer une communauté, donc mettre des gens en relation
  • rassembler des personnes d’horizons divers par affinités
  • lancer des discussions et les suivre
  • partager mes goûts
  • étendre mon réseau, personnel ou professionnel
  • renforcer ma notoriété, contrôler ma réputation et soigner mon identité numérique
  • émettre et partager des points de vue
  • faire la connaissance de nouvelles personnes et ensuite les rencontrer dans la vraie vie en ayant parfois l’impression qu’ils sont déjà des amis
  • communiquer mais surtout permettre aux habitués de mon blog de communiquer entre eux (et s’il y a un forum c’est encore mieux)
  • dire des conneries et laisser les autres en dire autant
  • aider les autres à se faire connaître, apporter un peu de solidarité sans que cela ne me coûte un centime
  • traiter de tous les sujets et faire réagir même ceux qui ne réagissent jamais
  • monter des opérations, lancer des idées, tester des concepts
  • donner les urls de mes sites favoris, les commenter, en découvrir d’autres grâce aux commentaires, donc participer au grand bookmark social mondial
  • retrouver d’anciennes relations ou être retrouvé par elles
  • diffuser de la musique, y compris la mienne si je pratique, ou mes autres créations et les soumettre à l’avis de “ma communauté”
  • etc. “

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Ma rentrée au CFJ

22 oct2007

par Xavier de Mazenod

Vendredi, première journée de formation aux 2e années du Centre de formation des journalistes (CFJ), la “rue du Louvre” à Paris. Sur le thème de la recherche d’information sur Internet, puis, le mois prochain, sur le sujet des outils collaboratifs.

Sujet important car les journalistes doivent (devraient)  savoir aller plus loin que la 1ère page de résultats de Google dans leur recherche d’information. Et doivent (devraient) savoir valider une source ou un contenu sur le Web.

Grâce à Philippe Couve, le programme du CFJ de cette année a réalisé un “saut qualitatif brusque” dans le sens de l’agilité numérique. Avec une mise en condition brutale lors de la leçon inaugurale de Francis Pisani (merci Luc pour le résumé vidéo) relayée par Emmanuel Parody ;-)

J’ai trouvé ces futurs journalistes beaucoup moins ignorants que leurs silences face aux questions de Francis pouvaient le laisser craindre (voir la vidéo ci-dessus). Et j’ai trouvé qu’ils se posaient les bonnes questions sur leur métier, sur l’indépendance, sur le sens critique, sur la fin du monople de la presse, sur le décalage entre la réalité de la presse française et celle des conso-producteurs d”information sur le Web. Et qu’ils assimilaient très très vite l’esprit du Web 2.0, ses usages et ses outils emblématiques indispensables comme Netvibes, Del.icio.us ou les Digg-like.

Bref, je les ai trouvé moins conformistes que beaucoup de leurs aînés. Et assez bien dotés du sens critique et du “scepticisme participatif” chers à Francis.

En témoigne le commentaire de l’un d’eux sur le billet d’Emmanuel cité plus haut :

” Ce que nous attendons, ce sont des outils pour faire mieux notre métier. Pour beaucoup d’entre nous, poser des commentaires ou y répondre est assez naturel, nous ne le théorisons pas, car nous avons grandi avec contrairement au personnes plus âgées qui du coup d’empressent de mettre de grands noms dessus. Alors que l’ado avec son skyblog ne se dit pas qu’il fait du web 2. Il communique, fait du contenu… nous voulons faire pareil, sur le web ou sur n’importe quel autre support. “

Bon allez, une petite critique quand même : sur tout le groupe, 2 étudiants seulement publient encore sur le blog démarré en première année. Etonnant que les autres ne se passionnent pas pour cet exercice, ne serait-ce que pour parler de leur métier. N’auraient-ils rien à dire ?

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Le Grenelle de l’environnement tourne farce

28 sept2007

par Xavier de Mazenod

C’est aujourd’hui que la consultation publique des Français sur l’écologie débute dans le cadre du Grenelle de l’environnement.

Consulter la population à propos d’un sujet important est une bonne chose. Mais on dirait que, une fois encore, ce type d’opération en France soit juste un support de communication. Je préfère ce genre de démarche, moins show of, qui va plus au fond des choses.

Certains écologistes craignent une agitation sans lendemain. C’est à craindre car certaines mesures environnementales passées ne sont toujours pas mise en oeuvre. D’autres dénoncent un faux consensus. D’autres, enfin, s’amusent ou caricaturent les excès de ce show.

A noter, ce petit podcast d’anthologie de langue de bois trouvé chez les mêmes :


Langue de bois
envoyé par Legac

Travaux pratiques : inscrire dans les commentaires ci-dessous les expressions toutes faites et les mots “faibles”.

Et puis c’est quand même curieux ce choix du nom “Grenelle de l’environnement” ! Pour un gouvernement qui déclare vouloir sortir de l’esprit de mai 68, c’est cocasse.

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