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Archive pour la catégorie 'Travail collaboratif, télétravail, travail 2.0'

Un monde sans télétravail ou sans Ecole des Mines ?

24 mar2008

par Xavier de Mazenod

Nicole Turbé-Suetens réagit vertement à un billet de l’Atelier intitulé “L’avenir de l’entreprise ne passe pas par le télétravail”.

Ce billet se fait l’écho d’une étude de la Durham business school commentée pour l’atelier par Claude Riveline, professeur de gestion à l’Ecole des Mines qui affirme doctement quelques poncifs sur le travail à distance:

(…) Cest une profonde bêtise de penser que le télétravail est l’avenir de l’entreprise. Bien sûr c’est une méthode de gestion de l’entreprise et d’organisation qui peut s’appliquer dans certains cas. Mais je maintiens l’idée que sentiment d’équipe et de voisinage sont incontournables pour le travail en entreprise.

Comme le souligne Nicole, M. Riveline doit être resté à l’âge du Minitel car il :

” semble avoir loupé les marches des dernières années de l’évolution des organisations. Peut-être sa loupe se limite-t-elle à l’Hexagone. Dans se cas, son regard est compréhensible étant donné le retard du système productif français à adapter ses processus pour aligner stratégie et organisation. Ce n’est pas un hasard si le monde du travail français souffre et si le stress au travail est malheureusement un grand sujet d’actualité. “

Le télétravail cause de perte du lien social ou de retard dans sa carrière sont des lieux communs malheureusement encore véhiculés dans certaines entreprises. On comprend mieux pourquoi si c’est là l’enseignement de l’école des Mines.

Pourtant, beaucoup d’entreprises le pratiquent tous les jours : travailler à distance engendre de nombreux bénéfices, y compris pour les salariés. Les critiques que porte l’article de l’Atelier semblent ignorer qu’il est possible de manager des salariés à distance : “Tout un tas de rituels qui régissent l’entreprise manquent aux actifs nomades : la machine à café, se serrer la main, la cantine, la place de parking…”.

On passera sur la confusion entre “nomades” et “travailleurs à distance” pour préciser que, justement, un projet de télétravail correctement préparé prend en compte ces risques pour éviter l’isolement du télétravailleur.

Plus grave sur le plan intellectuel : Nicole Turbé-Suentens accuse M. Riveline de ne pas avoir fait une lecture sincère du rapport de synthèse de l’étude de l’université de Durham. En effet, comme on peut le lire, ce rapport met en évidence les craintes des salariés vis-à-vis du télétravail sans condamner ce mode d’organisation. Nuance.

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Facebook en français, really ?

12 mar2008

par Xavier de Mazenod

fesse-bouc-francais.jpgJe découvre que Facebook intertionnalise son interface et propose maintenant une version française.

My foot !

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Au revoir le Web 2.0 en entreprise ?

25 fév2008

par Xavier de Mazenod

Après quelques billets, ce blog ouvert pour relater la conversion d’une entreprise au Web 2 s’autodétruit après 3 billets seulement. Le management n’avait pas l’air aussi enthousiaste que le promoteur du projet.

From scratch to flop…

L’évangélisation ce n’est pas un boulot, c’est un apostolat.

L’auteur pourrait montrer cette présentation à son chef de service pour le faire changer d’avis:

(vu chez Emilie).

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Encourager la mobilité ou réduire la distance ?

21 fév2008

par Xavier de Mazenod

La mobilité est-elle l’avenir du travail ? Nous ne le pensons pas. Nous croyons même que ce concept de mobilité cache l’essentiel, beaucoup plus intéressant pour les entreprises et pour les salariés : la réduction des distances.

Quelle importance, pourrait-on se demander, y-a-t’il à chipoter pour départager les termes “mobilité” et “distance” ? Ces concepts recouvrent la même réalité, on utilise les mêmes outils de communication modernes dans les deux cas, non ?

En fait, le problème est mal posé. L’enjeu sociétal et économique n’est pas de continuer à travailler quand on se déplace mais de travailler à distance sans se déplacer.

La mobilité est à la mode. Travail nomade, télétravail, e-learning, collaboration à distance, travail 2.0 et classes mobiles sont des expressions de plus en plus courantes. Elles traduiraient un bouleversement dans le monde du travail.

Les vertus de la mobilité sont chantées partout et bien sûr par ceux qui y voient un intérêt comme les opérateurs de téléphonie mobile, les fabricants de PDA ou d’ordinateurs portables.

Travailler “en mobilité”, se déplacer en permanence serait hype et branché. L’importance des cadres dans l’entreprise serait même directement proportionnelle au nombre de kilomètres parcourus chaque année. Signes extérieurs de pouvoir pour les cadres mobiles : le Blackberry, le dernier Nokia ou le petit Asus arborés dans les halls d’aéroport.

La mobilité, symptôme d’organisation archaïque ?

Dans la réalité, le travail en mobilité est une forme dégradée du travail au bureau. L’entreprise s’oblige à trouver des solutions pour compenser l’inconfort et la mauvaise qualité du travail mobile.

Chacun peut se rendre compte qu’il est moins facile de réaliser ses tâches quotidiennes lorsqu’on est en déplacement. Perturbation, inconfort, mauvaise connexion à l’Internet compliquent la vie. De plus, le déplacement coûte cher, fatigue le cadre et rend difficile ses relations avec ses interlocuteurs habituels.

Pour compenser ces handicaps, on dispose aujourd’hui d’outils qui permettent d’améliorer les communications. Les téléphones mobiles, les ordinateurs ultra-portables, le WiFi, la 3G, la “webisation” des services remédient partiellement aux problèmes engendrés par les déplacements.

En dehors de quelques catégories de salariés par nature mobiles (commerciaux par exemple), il faut donc réfléchir au pourquoi de cette mobilité. Pourquoi prendre l’avion, la voiture ou le train, gaspiller sa santé et répandre du CO2, mal travailler ? Pour des réunions ? Pour travailler ensemble ? Pour mettre en place des projets ? Toutes ces actions, la technologie permet aujourd’hui de les réaliser à distance, sous condition d’organisation, de préparation et de formation des acteurs.

Si l’on creuse un peu la question, on constate que l’élément important ce n’est pas la mobilité, c’est la distance. Je peux donner une formation au Québec depuis la France et converser, en mode synchrone (y compris en vidéo) ou asynchrone, avec les apprenants. Je peux participer à une réunion avec des interlocuteurs de plusieurs pays, je peux travailler en commun sur un document, sur des pages de tableur, sur un business plan.

L’entreprise jacobine

Au-delà de la guerre sémantique, la différence de mots cache une différence de philosophie de l’organisation.

Avec la mobilité, l’entreprise conserve son organisation pyramidale centralisée, jacobine. Certains salariés peuvent devenir nomades, par nécessité ou par mode, et sont équipés d’outils nomades, mobiles. Mais l’organisation ne change pas. Plus même : c’est la technique qui a pris la main sur l’organisation. L’investissement a été fait dans les outils mais rarement dans l’évolution de l’organisation.

La distance implique au contraire une philosophie de la collaboration lointaine, un mode de fonctionnement radicalement différent. L’entreprise qui a intégré ces principes sait que les déplacements sont inutiles pour travailler (ce qui ne signifie pas absence de contacts) et que l’agitation de la mobilité est moins efficace que le travail à distance organisé qui s’appuie sur les outils de communication. D’une certaine manière, l’entreprise mobile se prive des atouts de ce que l’on appelle le Web 2.0 (enrichissement par la communauté, utilisateurs/producteurs) ou Entreprise 2.0.

Malgré ses airs de modernité, la mobilité n’est elle pas l’héritière d’une représentation archétypique et archaïque du travail et de l’organisation qui en découle ?

Dans cette représentation, le travailleur est en prise avec son ouvrage comme le laboureur qui empoignait fermement sa charrue, les pieds dans la terre, ou l’artisan façonnant le métal ou le bois. Le col blanc prend un soin méthodique de son espace de bureau, de ses dossiers, des ses fournitures de bureau. Le travailleur, qu’il soit à l’oeuvre ou au labeur, fait corps avec son ouvrage. Il imprime une empreinte physique sur le monde, sur des objets, autant qu’il est lui même marqué et façonné par eux.

Nous véhiculons de telles images du travail et du travailleur ; celles, pas si lointaines, de la faucille et du marteau.

Les formes actuelles de matérialisation du travail n’ont pas encore beaucoup changé. Il y a toujours des bureaux avec du mobilier de bureau, dans des immeubles de bureau, des ateliers. Au XIXe siècle, la structure des unités de production a imposé de les concentrer en un même lieu. Ce qui a obligé les salariés à venir vers ces lieux de production, vers le travail.

Dans l’ouvrage numérisé, on essaie d’ailleurs encore de préserver ce vocabulaire qui évoque l’espace matérialisé (bureau, dossier…), signe de notre besoin de familiarité, de proximité sensorielle avec l’ouvrage.

L’entreprise pyramidale est donc structurée pour faciliter la proximité physique avec les autres, dont nous avons besoin pour travailler, et articulée pour permettre les fonctionnements hiérarchiques et l’exercice du contrôle.

Dans la mobilité, le travailleur va toujours au travail ; toujours plus, toujours plus vite, toujours plus loin. Ne peut on pas y voir un conformisme empressé par rapport aux formes les plus archaïques du travail ? “Aller au travail” : loin de disparaître, l’expression, au contraire, prend tout son sens.

La distance qui fait peur

Avec la distance, c’est l’ouvrage qui vient au travailleur. Et l’ouvrage, aussi complexe et volumineux soit-il, devient d’autant plus facilement transportable que les technologies évoluent. On peut voir dans ce processus une manière de (sou)mettre les technologies au service de l’homme. On pourrait dire que le concept de “mobilité” met en valeur les outils alors que le concept de “distance” met en avant les hommes.

Paradoxalement, la distance fait peur aux entreprises. Elles redoutent encore souvent de laisser aller le travail au travailleur, alors même qu’elles externalisent ou mondialisent leurs activités.

Les salariés qui travaillent chez eux ou dans des lieux distants de l’entreprise (à domicile ou dans des télécentres près de chez eux) sont vus comme des babas originaux. Une main sur le clavier d’ordinateur et l’autre sur le pis de la chèvre néo-larzacienne ! Tous les clichés sur le télétravail y passent. Le travailleur éloigné serait menacé de perte du lien social, installé sur une voie professionnelle de garage, près de la sortie. Et puis, n’est-ce pas, on ne travaille correctement que si on voit les gens !

L’entreprise reste mobile car elle n’accepte pas la distance. Le cadre surbooké, toujours entre deux avions, bénéficie, lui, d’une image de productivité. Alors que…

De quoi parle-t-on ?

Dans les faits, bouger ne crée aucune valeur pour l’entreprise. Au contraire. La mobilité donne l’illusion de la modernité mais ne fait qu’entériner de vieux modes de fonctionnement.

L’organisation rigide et jacobine couplée à la mobilité coûte très cher : de l’immobilier d’entreprise, des déplacements, de la fatigue, du gaspillage d’énergie. Des navettes quotidiennes maison-bureau et des miles en avion pour les salariés les plus “importants”.

Choisir de réduire la distance plutôt qu’opter pour la mobilité permet d’économiser sur ces postes et redonne de la productivité aux salariés qui gagnent de la souplesse pour gérer leur temps et leur travail.

Le cadre-contrôleur-pointeuse n’a plus de raison d’être. Le management par objectifs développe les responsabilités.

Rien ne s’oppose plus à travailler là où on habite et le travail peut venir vers nous (Vivre et travailler au pays). Une opportunité pour les territoires ruraux : la campagne est un « espace d’innovation, signe des temps et symptôme d’une société en mutation où s’invente un autre modèle de vie » annonçait déjà le sociologue Jean-Didier Urbain dans son Désirs de campagne.

Les perspectives de gains économiques, sociaux et environnementaux sont considérables. Changer de mode d’organisation suppose évidemment de surmonter quelques défis, pour le salarié comme pour l’entreprise. Les projets de mise à distance doivent être gérés, dans leurs aspects humains, organisationnels et techniques. Mais plutôt que de s’en tenir aux lieux communs, aux dangers supposés, pourquoi ne pas commencer à réfléchir à cette mutation : comment convertir mon entreprise au travail collaboratif à distance ?

Xavier de Mazenod et Jean-Claude Maurin

A la suite de ce billet sur le e-learning, j’avais promis de préciser ma pensée à propos de la mobilité, ennemie de la distance. En cours de réflexion, nous nous sommes trouvé des positions communes avec Jean-Claude Maurin qui était l’un de mes formateurs dans le cursus Net-Trainers. Il m’a donc apporté sa contribution pour préciser ma pensée. Merci à lui. Merci également à Google docs qui nous a permis de travailler ensemble, à distance, sur ce texte.

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Télétravail is good for you !

30 jan2008

par Xavier de Mazenod

Mike signale un - ancien - article de Canoë sur l’expérience de Bell Canada et de ses 20 000 salariés équipés pour travailler au moins une fois par semaine depuis leur domicile :

” Contrairement à la croyance populaire, il est démontré que le travail à domicile peut améliorer la productivité dans une proportion allant jusqu’à 20%, avance M. Fortier, parce que les télétravailleurs sont libres des distractions du bureau.”

Travailler à distance c’est meilleur pour les salariés, meilleur pour l’entreprise (diminution des coûts d’environ 30 % !) et meilleur pour la collectivité :

(…) ” Un million de travailleurs à domicile se traduisent par une réduction annuelle de 250 millions de kg des émissions de CO², ainsi que par des économies de 100 millions de litres d’essence et de 800 millions de kilomètres en déplacements”.

Quand je vous le disais que le bureau était un lieu de perdition pour la productivité !

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Le télétravail aux Rencontres d’Autrans

23 jan2008

par Xavier de Mazenod

Dans la déclaration d’Autrans 2008, à propos du Web et de l’environnement, le télétravail est évoqué :

” Le télétravail, entravé par divers règlements et négociations, est dix fois moins développé en France que dans le reste de l’Europe et vingt fois moins qu’aux Etats-Unis. Un calcul rapide montre que si 15% de la population active se mettait au télétravail deux jours par semaine (ce qui est en pratique assez réaliste), l’émission de gaz carbonique dans l’atmosphère en serait diminuée de 20 à 30 millions de tonnes par an (l’équivalent de 6 à 8 centrales nucléaires). On ne peut pas dire que ce soit négligeable, au regard des objectifs du « grenelle ».”

Quand je vous le disais !

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Le prince Charles, roi du télétravail

22 jan2008

par Xavier de Mazenod

prince-charles-hologramme-daily-mail.jpgAprès Al Gore récemment, c’est au tour du prince Charles d’apparaître à distance grâce à un hologramme assez réaliste.

Il a ainsi participé au Sommet mondial de l’énergie du futur à Abu Dhabi sans dépenser un gramme de CO2 en kérosène (illustration du Daily Mail).

Au-delà du gadget et du coup médiatique, cette expérience démontre bien que l’on peut économiser beaucoup de déplacements inutiles pour travailler. Question d’organisation…

A noter également que le petit émirat a profité du Sommet pour annoncer un plan d’ampleur en faveur des énergies renouvelables. Si même les pétroliers s’y mettent !

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Télétravail et politique de civilisation

10 jan2008

par Xavier de Mazenod

Visite d’une équipe de C dans l’air ce matin pour un reportage sur le télétravail, dans le cadre de la politique de civilisation d’Edgar Morin. Une expression vulgarisée par Nicolas Sarkozy dans ses voeux et sur laquelle se penche l’émission d’Yves Calvi (voir l’émission en ligne)

Une occasion de réfléchir à la philosophie du télétravail puisque Morin en fait l’un des 3 pieds de la revitalisatiin des campagnes avec la boulangerie et le bistrot :

” La réduction des intoxications de civilisation - dont l’intoxication publicitaire, qui prétend offrir séduction et jouissance dans et par des produits superflus -, du gaspillage des objets jetables, des modes accélérées qui rendent obsolètes les produits en un an, tout cela doit nous conduire à renverser la course au plus au profit d’une marche vers le mieux, et s’inscrire dans une action continue en faveur de deux courants amorcés qu’il faut développer : la réhumanisation des villes et la revitalisation des campagnes. Cette dernière comporte la nécessité de réanimer les villages par l’installation du télétravail, le retour de la boulangerie et du bistro.”

Télétravail est un mauvais mot car il met l’accent sur la technologie sans mettre en évidence la part de rêve : liberté dans le choix de vie et le lieu d’habitation, qualité, temps personnel retrouvé, amélioration de la productivité, baisse de la pollution.

bva-quitter-la-ville.jpgIl ne s’agit pas de déplacer les villes et ses nuisances à la campagne mais de prendre en compte un ras-le-bol : 8 millions de citadins souhaiteraient quitter la ville et un sur deux souhaiterait s’installer à la campagne pendant sa vie active (télécharger les résultats du sondage BVA, format Power Point) ! Ce qui prouve bien que les inconvénients de la vie urbaine sont devenus supérieurs aux avantages.

Aujourd’hui, “vivre et travailler au pays” comme le demandait la CFDT dans les années 70, est plus facile qu’il y a 30 ans. La ville fascine moins et la technologie, les réseaux rendent possible le travail à distance, le travail 2.0.

Mais les technologies avancent plus vite que les mentalités des managers.

Que faire alors pour que ces 8 millions de candidats au départ puissent enfin s’épanouir dans une vie choisie et non plus imposée ?

La solution ne réside pas dans les propositions constructivistes et dirigistes énoncées par Edgar Morin dans sa tribune libre. Elle peuvent constituer une direction et donner un sens. Mais les voeux pieux sont inefficaces pour le changement.

En revanche, les politiques peuvent peser sur le changement. Simplement en améliorant les infrastructures et en créant les conditions pour améliorer l’agilité numérique des entreprises.

On sait que les TIC tirent la croissance aux Etats-Unis. Pourquoi ne basculerions-nous pas, nous aussi, dans la société de la connaissance ? Pourquoi les territoires ruraux seraient-ils les derniers à pouvoir se former à distance, à tirer bénéfice de la télémédecine ou à regarder de la vidéo à la demande ?

L’avènement de cette société de la connaissance comporte un préalable : développer un réseau de fibre optique jusque chez l’habitant (FTTH) et former massivement les utilisateurs aux usages de ces technologies. Le reste, le télétravail et le développement rural nous sera donné de surcroît.

Le marché s’occupe de développer la fibre en ville où la densité de population accélère le retour sur investissement. Mais dans les zones rurales, qui va tirer de la fibre ? Pas l’Etat, il est fauché. Pas les opérateurs, les clients ne sont pas assez nombreux.

Pourtant, le développement du télétravail à la campagne ainsi que le maintien des boulangeries et des bistrots ruraux est à ce prix-là.

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Travaille-t-on vraiment dans les entreprises ?

9 jan2008

par Xavier de Mazenod

La publicité d’IBM qui met en scène une partie de Bingo des réunions(Bingo bla-bla) intéresse Adverbe à double titre.

D’abord parce qu’elle met l’accent sur la langue de bois d’entreprise, un mal non réservé aux politiques. Par refus d’exprimer la réalité (paresse, peur, conformisme…) on tourne autour du pot et on utilise des mots imprécis, des mots-valises, des mots à la mode.

Dans l’univers communiste cette pratique permettait de ne pas donner prise à la police de la pensée. Dans l’entreprise, elle permet d’avoir l’air intelligent et conforme. Elle empêche de communiquer, ce qui son but.

Donc, si vous voulez communiquer, essayer d’utiliser des mots précis, ne cherchez pas à être conforme.

Ensuite, la pub d’IBM trahit la réalité de la vie d’entreprise. On s’y ennuie souvent et on y perd beaucoup de temps en réunions inutiles (ou en ragots devant la machine à café). On y communique mal (que celui qui n’a jamais envoyé un mail à son voisin de bureau me jette la 1ère pierre) et on n’y est pas forcément productif.

Je ne vois donc aucun obstacle au changement d’organisation : passez en télétravail. Vous travaillerez plus efficacement à distance, vous communiquerez mieux, vous éviterez des déplacements, vous perdrez moins de temps en réunions (vous tiendrez les réunions utiles à distance). Et ne ne dites surtout pas que vous êtes plus efficaces entassés en entreprise.

Pour les accros à cette vie grise, voici un tableau de bingo à télécharger. Bonnes réunions.

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Facebook, la star de 2007 ?

7 jan2008

par Xavier de Mazenod

google-fight1.jpgFacebook est la star du Web, l’application-people de l’année 2007. Loin devant nos personnalités les plus actives si l’on en juge d’après Google fight.

Ce succès ne signe-t-il pas son arrêt de mort, tout du moins pour un usage professionnel ?

La pollution par les farces et par les applications ludiques auquelles nous convient nos nombreux amis prend largement le pas sur les quelques bénéfices relationnels engendrés par la plateforme. Quant à la fonction de filtre social sensée nous sélectionner les meilleures trouvailles du Web, elle se résume plutôt au signalement de la dernière vidéo de Clara Morgane.

J’avais déjà écrit ma réticence à propos des logiciels sociaux à cause de leur faible valeur ajoutée, y compris à propos de Facebook qui se révèle très chronophage. D’autres ont voté avec leurs pieds et les avis sont partagés chez les Explorateurs qui se sont penchés sur le sujet.

Bertrand Lenôtre, grand podcateur et fondateur de Podemus, résume bien le problème de Facebook - et des logiciels sociaux en général - dans l’entretien qu’il donne à l’Atelier des médias de RFI. Les outils sociaux ne peuvent pas tout, il faut apprendre à se débrouiller tout seul. “Il y a surabondace des solutions sensées nous aider à gérer notre information”, explique-t-il. “Il faudra bientôt gérer les gestionnaires d’information”.

Jusqu’ici, il faut bien le reconnaître, on n’a guère trouvé mieux qu’un agrégateur pour gérer son information. On choisit aussi les “amis” être transformé en Zombi .

En fait, tout cela se résume au vieux débat du push et du pull, non ?

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